THE PROPHETIES BEGIN

Thème V - Thème Clan du Tonnerre
 
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 MES FRERES DE SANG ONT LE VIH // cri des albatros - end

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MessageSujet: MES FRERES DE SANG ONT LE VIH // cri des albatros - end   13.09.17 23:51

Qu’est ce qu’on s’emmerde, ouais qu’est-ce qu’on s’emmerde…

Émergeant de son sommeil sans rêve, Toucan, non, Chant du Toucan, regarda le Camp. Marre de voir les mêmes gueules tout le temps. Putain. Il allait devenir dingue. Il était venu pour le pouvoir, l’adrénaline, le cul et le cul et le cul et Serpentaire passait son temps avec ses putes, le Clan lui crachait dessus, il était marqué au fer rouge du sceau des parias et attendait avec la patience ‘un enfant autiste que le plus sage des anges vienne le prendre par la main et le trainer hors des immondices. Il baille, il se prend un coup de pied dans l’arrière train. Putain de vie en communauté. Au moins il peut se casser et prétexter taffer. Oui, bon bail.

Un deux, Toucan est au seuil du Camp, trois quatre il pose les pattes dehors, cinq six le bout de sa queue disparaît entre les arbres. Délaissant les terrains de chasse auxquels on l’a initié, il file vers le Verger. On ne change pas. Il espère ne pas croiser Trash, pas tant que c’est le bordel dans sa tête, mais au moins pourra-t-il laisser une trace. Un « je ne t’oublie pas ». Une marque d’amour, chose bien rare chez lui.

Rapide dans le vent, il slalome entre les arbres, observant leur écorce, vite, la couleur de ses fautes et péchés, les vers qui rampent sur le bois, blancs sur le marron sec. Il avait encore l’impression d’attendre que sa vie démarre. Il attendait le début de la partie.
Elle n’était jamais partie.

Soudain, une présence. Du bruit dans les buissons, un soupir dans ses poumons de grand méchant loup. C’était pas vraiment la chatte qu’il aurait voulu voir. Il continue d’avancer. C’est pas une meuf qui allait le ralentir.
    Alors gamine, perdue dans les bois ? Fait gaffe, les sales histoires commencent comme ça.

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MessageSujet: Re: MES FRERES DE SANG ONT LE VIH // cri des albatros - end   14.09.17 20:41

epitome XIV, blut aus nord

Ses yeux rouges se dilataient de jour en jour.
Croyante en recherche mystique, elle s'agissait comme une nonne sous ecstasy, chinant à gauche à droite pour l'amour du prochain, de son dieu auto-proclamé Toucan. Dans ses recherches, elle ne sentait ni fatigue ni faim. Ses côtes se creusaient, ses joues aussi. Petit scarabée vivant, elle commençait à en avoir l'ego. Tremblante, elle était épuisée. Elle ne pouvait pas l'oublier, et cette sensation l'agaçait.
Cri des Albatros avait envie de chouiner jusqu'à que son petit malheur d'égocentrique s'arrête. Elle avait l'impression de ne pas évoluer, de tourner en rond, de se complaire dans sa pauvre peine ridicule. La vérité était que, oui, elle était pitoyable. Elle était persuadée d'avoir tout vécu avec son pauvre petit chagrin d'amour. C'était risible, et l'albinos était très certainement trop focalisée sur elle-même pour s'en apercevoir.

Une nouvelle fois, elle allait ratisser la forêt à la recherche de cailloux égoïstes, revenir avec une pauvre souris si elle avait de la chance. Elle se surprenait de remercier le Clan des Etoiles d'avoir mit sa mère en meneuse. Bien que la rouquine était dure avec son Clan, elle était douce avec ses enfants. Cri des Albatros appâtait la pitié, et c'était sans surprise qu'elle était princesse de porcelaine, fragile et inutile, décorative avec une laideur en plus. Une fois de plus, elle allait au Verger, espérant le voir.

Elle n'était pas déçue.

« Alors gamine, perdue dans les bois ? Fait gaffe, les sales histoires commencent comme ça. »

Cri des Albatros se figea. Cette voix, elle la connaissait. Cette odeur, elle la chérissait. Dans un espace temps inconnu nommé étonnement et stupéfaction, ses pupilles se réduisaient en une pauvre fente.

« Toucan ? »

Son cœur s'accéléra. Un rire monta de sa gorge. Elle devait rêver, impossible. Il était là, non loin. L'idée de respirer le même oxygène que lui l'enchantait. Qui sait, peut-être qu'il la cherchait, lui aussi. Il ne l'avait pas oublié, il l'appelait toujours gamine et c'était bien là son petit surnom secret. Qui sait, c'était peut-être encore un type sympa. Il l'avait abandonné, Trash et elle. Tant pis. Sa colère s'en alla soudainement. Il était là, devant elle, fait de chair et d'os. Riant de joie et délivrée d'un poids énorme qui pesait sur son cœur, elle tendit ses muscles et bondit sur le galet. S'agrippant à lui, elle ne voulut jamais le lâcher, le garder à vie contre son petit corps qui semblait si léger, si frêle, si maigre.

« T'étais passé où ? Tu nous as manqué, tu sais ! J'ai presque ... Cru que tu nous avais oublié ... »

S'accrochant à lui comme elle s'accrochait à la vie depuis ses quelques jours, elle sentait tout son être se remplir à nouveau de vie. Son sourire renaissait sur son visage, elle cessait de trembler, si ce n'était pas de joie. Elle revivait.

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MessageSujet: Re: MES FRERES DE SANG ONT LE VIH // cri des albatros - end   27.09.17 15:59

Son rire de crécelle sortit en cascade de sa gorge blanche, et elle sauta à la sienne. Maigre à faire peur, les sons s'entrechoquent sur ses côtes et dégoulinent jusqu'à ses pattes, sa patte brulée, laide, plus qu'avant. Elle avait du sable dans les yeux. Ce contact, soudain, violent, blafard, lui fit du bien ; il aimait la chaleur, vire isolé, perdu dans une foule noirâtre, c'était usant. Le Clan de l'Ombre était usant, fatiguant, salissant. Il préférait la vie qu'il avait avant, quand il spéculait sur les Claniques, tirait des plans sur la comètes. Les Étoiles n'en avaient rien à foutre de lui, maintenant il voulait vie sur la face cachée de la lune.

Seul mais pas solitaire.
Il avait besoin des autres, car ne supportait pas de rester avec lui-même.

Il lui mordit l'oreille et la repoussa, il n'allait pas lui avouer ses problèmes de tendresse. Elle lui parlait de Trash. Il se savait ne pas être le plus brillant esprit de sa génération, mais il avait suffisamment de mémoire pour se rappeler qu'il avait un fils. Un fils qui lui manquait, qui lui faisait comme une pierre dans le cœur, des bleus à l'âme.
    On dirait que t'as vu un fantôme va, et t'as plus la gueule de l'emploi que moi.

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MessageSujet: Re: MES FRERES DE SANG ONT LE VIH // cri des albatros - end   07.10.17 14:26

KILL4ME, Marilyn Manson

Petite gamine orpheline de sentiments, elle retrouvait la chaleur, elle retrouvait le rire. Elle recouvrait la vue sur sa vie, et c'était soudainement agréable de sentir les doux sursauts d'émotions dans son cœur. Soudainement, elle s'était sentie femme serpent, avec son pouls négatif et ses courbes inexistantes, elle était prête à redevenir albatros en le voyant. Jacassant et riant à la provocation de Toucan, elle était servante un peu trop servile. Il avait été un fantôme à ses yeux, et elle était devenue plus fantomatique que jamais ces derniers temps. Tout sourire, elle appréciait retrouver ses ailes d'oiseau blessé. Elle redevenait théâtrale, ç'aurait été dommage de devenir un être meilleur. Roulant sur ses maigres os de ballerine, elle avait cette envie d'avoir une forte voix à coffre mais demeurait toujours aussi vide de toute substance. Elle avait les cris des petits poussins et le charisme des pigeons urbains.

« Ahahaha ! Mais c'est toi le fantôme, Toucan ! T'as disparu d'un coup de la surface de la Terre, tu nous as manqué, tu sais. »

Tête de chemin de fer d'un coup, un train venait de percuter la gamine. Regard plus vide, elle se souvenait qu'il ne venait plus à leurs petites réunions parce qu'il était son ennemi désormais. Peut-être qu'il était plus grave désormais de manquer à sa famille politique. Soudainement pleine d'amertume, ses yeux décrivaient des tours noirs et c'était avec déception qu'elle se rendait compte qu'elle n'était pas le centre du monde de Toucan.

« J'ai vu que tu t'étais faite une nouvelle famille, cela dit … Tu rentrais chez t... Enfin. Chez eux, ou pas ? »


Elle était gêne, et son malaise s'évaporait hors de son corps pour éclabousser la forêt. Si Cri des Albatros n'était pas mauvaise pour cacher ses sentiments quand elle connaissait peu les gens, cacher quelque chose à Toucan lui semblait impossible.

« Peut-être que je te dérange aussi, après tout ... » murmura-t-elle du bout des lèvres.

Cette idée lui brisait le cœur, mais c'était le plus probable. Elle se demandait s'il pensait à elle lorsqu'il faisait quoique ce soit, quand il chassait, quand il dormait ou même se réveillait.
Certainement pas, mais elle s'efforçait à imaginer le contraire.

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MessageSujet: Re: MES FRERES DE SANG ONT LE VIH // cri des albatros - end   13.10.17 17:32

Pour une fois, elle n'avait pas tort, au fond c'était lui le fantôme, tout paré de poussière, les yeux comme deux abîmes et le cœur bien vide, léger comme une baudruche, et tout aussi fragile. Latex poreux, parois tendues à craquer, myocarde au bord de l'implosion, si elle lui sautait encore dessus il risquait de se dégonfler et, vidé de toute substance, d'agonir dans son sang, sperme et urine, là, sur le sol qui se gelait progressivement.
    Bah, tu sais, c'est pas vraiment chez moi là-bas. C'était sympa deux minutes mais qu'est-ce qu'on s'emmerde dans vos Clans... Ça m'étonne pas que tu sois allée te foutre dans la merde dans le moulin, là, il y a des lunes de ça, tu te rappelles ?
Voilà qu'il radotait. Pathétique. Il avait honte de lui, sentir le malaise de la jeune albinos lui mettait du baume au cœur. Il n'était pas le seul à souffrir ; à vrai dire peu lui importait la nature de celles de la gamine, tant qu'il n'était pas l'unique chat livré aux meurtrissures de l'âme, il avait déjà moins mal. Il aurait voulu qu'elle lui bouffe le cœur et ses angoisses, pour les faire disparaître tous deux.
    Tu me déranges pas chaton, va. Mais décolle un peu, t'es un peu chiante à te la jouer sangsue. Et qu'est-ce que tu fous ici d'ailleurs ? Oh. Laisse moi deviner. Personne veut de toi, rapport à ta gueule, alors t'as décidée de tenter ta chance auprès du fiston ?
Rire fin de siècle, yeux vides. Il parlait pour ne pas se faire engloutir par le silence.

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MessageSujet: Re: MES FRERES DE SANG ONT LE VIH // cri des albatros - end   28.10.17 21:41

kinetic, radiohead

Nouveaux coups de poignards, Cri des Albatros se détacha mécaniquement de Toucan -ou, devrait-elle dire, Chant du Toucan, mais elle ne l'admettra jamais-. Il venait de l'insulter encore et encore, et son petit cœur, joyeux à l'idée de le retrouver, était à nouveau maltraité. Les yeux fermés, elle repensait à la discussion qu'elle avait eu avec Douce Ancolie. Elles avaient été deux femelles avec des amours déçus. Tandis que peu à peu, l'albinos réussissait à assumer qu'elle n'était pas juste une admiratrice un peu trop dévouée, mais bien une âme aimante et désirant un retour. Au lieu de ça, Toucan semblait prendre un malin plaisir à la torturer, jouant d'elle. Son sang ne fit qu'un tour. Avait-il remarqué qu'elle ne le considérait plus comme un bon ami et un mentor ? Elle en doutait. Après tout, Cri des Albatros était persuadée d'être une grande actrice, prête à cacher ses sentiments les plus extrêmes aux plus observateurs. La réalité était autre.

Il lui parlait du moulin, et elle se figea. Yeux de poisson clown, elle aurait préféré que leur discussion ne soit qu'une vaste blague plutôt qu'une suite de provocations gênantes. Elle se souvenait de son excursion avec Nuage de Guépard, du sentiment de malaise qu'elle avait eu à ce moment là. Elle avait été tétanisée, tandis que son esprit semblait débattre tout seul sur l'éthique et la morale. Toucan était-il le roi des enfoirés ou un petit gars un peu perdu ? C'était une question délicate, et pour éviter de la briser, Alby préférait éviter de la manipulation. De base, elle s'éloignait de toute volonté de réfléchir, car l'ouverture de crâne sonnait fracture de son esprit pour elle. La preuve, elle avait eu l'envie de penser à ses sentiments envers Toucan, et elle était forcée de constater que c'était mauvais pour elle. L'albinos avait soudainement envie de se révolter, de l'insulter, de le frapper si fort qu'elle lui laisserait une marque à vie, une autre marque, une marque équivalente à celle qu'il avait sur le museau par sa faute. Elle voulait le marquer à vie, comme il comptait pour elle. Colère sourde des cœurs noués, elle sentait les brûlures des luxures sans y goûter.

« Pourquoi tu fais ça ? »


Ses yeux vides rencontraient les épaves de Toucan, qu'on osait appeler yeux, orbites, à votre bon cœur. Elle était fatiguée de lui courir après pendant des lunes, qu'il se cache pour revenir l'insulter la bouche en cœur. Sangsue extatique, elle voulait se coller à lui toute sa vie, en espérant un moment, leurs peaux fondent au soleil, fusionnent. Elle voulait utiliser ses poumons pour respirer, qu'il fasse parti d'elle. Elle voulait le dévorer, qu'il y ait un peu de lui en elle, à vie, et que leurs cellules se mélangent pour former ce qu'elle considérait comme l'être parfait. Au lieu de ça, elle se faisait insulter, provoquer, à base de flash-backs sur des viols simulés et des violences marquantes. Coeur en peine, elle promenait sa peine en balluchon, en espérant croiser la route de Toucan, ce mâle ivre de solitude.

« Pourquoi tous les gens qui t'aiment, tu leur craches dessus, Toucan ? »

Elle se racla douloureusement la gorge, sensation de lames de rasoir mal placées. Bouche en ferraille, un rire déraillé s'échappait de ses lèvres. Elle évacuait ses frustrations, sa peur de la solitude, de la vieillesse. Elle préférait rire plutôt que de pleurer devant Toucan. Elle aurait voulu lui bondir dessus pour lui refaire le visage à sa manière. Elle lui aurait colorer les yeux de rouge, tant mieux s'il finissait par lui ressembler.
Il deviendrait laid, personne ne voudrait de lui, sauf elle. Elle assassinait la concurrence et s'assurait de vieillir à ses côtés.

Mais Toucan ne voulait pas vieillir à ses côtés. Elle s'efforçait à se demander pourquoi. Il avait peur de la solitude, à s'incruster dans des Clans sans volonté, c'était certain. Il passait d'amourette en amourette, sans faire attention au physique. C'était une blessure profonde dans son égo de se dire qu'elle ne vieillirait pas avec lui, non pas à cause de son physique, mais à cause de son être tout entier. C'était douloureux de se dire que, finalement, il ne voulait pas d'elle dans son entièreté, là où elle se plaisait durant des années à tout mettre sur le dos de son albinisme.

« Je comprends pas. C'est nulle part chez toi, et tu t'amuses à faire mal à ceux qui t'aiment. C'est quoi ton putain de problème, en fait ? Toi aussi, personne ne veut de toi, la preuve, t'es là à fuir ta nouvelle famille, c'est quoi ces conneries, Toucan ? »

Sa voix tremblait. Navire prit dans les tempêtes, elle tremblait à chaque vague, et ses yeux pleuraient les écumes.

« Pourquoi tu te fous de notre gueule à ce point là … ? C'est si drôle que ça ? Pourquoi on t'aime, en fait ? Pourquoi je t'aime, finalement ? On y gagne quoi ? » finissait-elle, la gorge nouée, pour elle-même.

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MessageSujet: Re: MES FRERES DE SANG ONT LE VIH // cri des albatros - end   11.11.17 23:25

    Pourquoi tous les gens qui t'aiment, tu leur craches dessus, Toucan ?
Esquisse de sourire, porte mine en plomb, il reconnaissait dans la bouche pâle de l'albinos les mots de son fils, teintés d'une noirceur amoureuse. C'est qu'ils lui en posaient des questions, lui qui n'avait pas beaucoup de réponses - en tout cas jamais les bonnes. Petit bateau dans la tourmente, elle vidait son pont à grand renfort de sceau, souquez les enfants, il pleut sur vos visages.
    Ces conneries, c'est la vie chérie. C'est moche, ça pue la trahison, le drame, les larmes, les armes. Personne n'est heureux, tout le monde fait semblant. C'est un tour de manège que tu ne demandes pas, que tu ne veux pas, que je ne veux pas, quand tu descends, tu meurs, et moi je cherche le frein d'arrêt d'urgence. Réfléchis Alby, j'ai l'air de m'amuser à faire souffrir les autres ? A mal les aimer ? Je m'aime déjà pas moi-même. Ah, et évidemment, vive la vie hein.
Sa voix avait subi une lente dégradation pendant sa tirade, partant d'un son clair d'un accord en majeur jusqu'au triste cri déchirant de l'archet sur la corde du violon, un cri de détresse emmitouflé dans le cynisme, le petit appelle au secours d'un grand suicidaire. Si ses yeux étaient bien vides, c'est car c'est par sa voix que Toucan transmettait ses émotions.
    T'y gagnes rien petite, l'amour ça nourrit pas, et la haine n'est qu'à un pas.


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MessageSujet: Re: MES FRERES DE SANG ONT LE VIH // cri des albatros - end   26.11.17 16:17

Toucan parle mal, et Cri des Albatros fronce les sourcils. Elle tire cette tête de désespérée, elle aurait même préférer qu'il ne parle pas. Ses mots sont douloureux, et elle observe le trou béant qu'il laisse dans un coin de sa cage thoracique. Son cœur ne saigne pas. Il est creux. Son corps est aussi creux que sa personne. Elle avait connu plus chic comme impression. L'albinos veut se recroqueviller, mais on lui apprenait à être un chat et pas un mollusque. Les chats ont le ventre plus dur, et les chats peuvent se rattraper, peu importe la chute. Elle, elle se sent limace, inférieure à tout escargot, sans vraiment de maison car on lui a éclaté sa carapace à grands coups de tolérance. Elle préférerait retourner escargot, elle serait sa propre maison, logerait avec elle, chez elle, et n'aurait plus besoin de voir des Toucan qui lui parlait de conneries et de monde qui allait mal. Non. Le monde allait vraiment bien, et Toucan voulait juste la prévenir. Jamais il ne voudrait lui faire du mal voyons. Ce sont deux enfants terribles, violents, qui s'amusent juste à se mettre sur la tronche.

L'albinos serre les dents. Elle avait entendu dire que c'était un signe de rage, mais elle ne sait plus. Elle ne se demande pas si elle avait déjà su quelque chose, la réponse était inquisitrice. Cri des Albatros ne se demande pas grand chose, elle ne réfléchit pas. Elle préfère rire, parce que c'est plus simple de rigoler plutôt que de se rendre compte que sa vie, c'était un peu de la merde. Elle allait claquer rapidement à cause de son albinisme, sans n'avoir jamais eu de rôle important dans la vie de son Clan, en décevant peut-être sa mère si elle apprenait son amour interdit. Elle grimace. Elle éteint son cerveau.
Elle appréciait sa stupidité.

« T'as rigolé, et tu fais des blagues … C'est pour s'amuser qu'on fait des blagues, donc ça t'amuse et putain je comprends pas pourquoi on parle là, normalement on parle pas, on ... »

Vieux rire des temps anciens, et Cri des Albatros part puiser dans ses jeunes jours. Elle voulait redevenir la Nuage d'Albatros, gamine qui faisait sortir des gongs, centrale nucléaire pour qui s'entendait avec elle, prise électrique destructrice pour qui osait établir le contact. Sans réfléchir, elle bondit sur Toucan, griffes dehors. Elle espérait le détruire, le démolir, lui faire payer d'avoir fui pendant toutes ses lunes.
Elle avait fini son entraînement, elle était désormais professeure. Qui sait, si elle gagnait, peut-être qu'elle allumerait une étincelle de désir ou d'admiration dans les yeux noirs et vides de l'autre. Peut-être que la douleur allait les ramener en vie, vieux pantins désarticulés qu'ils étaient. Elle se demandait à quel moment elle avait franchi ce pas de la haine, à quel moment elle s'était perdue dans ses sentiments. Toucan semblait comprendre qu'elle ne le considérait pas que comme un gentil ami, et semblait s'en foutre. C'était douloureux, car Cri des Albatros avait perdu l'habitude d'être ignorée. C'était lui qui lui avait donné un peu de vie, insuffler par intraveineuse un peu de bonheur dans ses pensées vaines, et là, il arrivait, et se foutait de sa gueule.
Sans le vouloir, elle sortait progressivement les griffes. Il fallait que le sang coule, elle désirait le détruire, l'impressionner. Peut-être gagnerait-elle à ce moment là. Un large sourire s'étale sur ses lèvres, elle se sentait à nouveau vivante.

« Enchantée, je viens d'offrir le frein d'arrêt d'urgence, si c'est ce que tu demandes tant. Tu crèveras avec la conviction d'avoir trouvé quelqu'un pour combler ton manque d'amour envers toi-même au moins. »


A défaut d'avoir les joues rouges, ses pattes allaient rougir à leur place.

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MessageSujet: Re: MES FRERES DE SANG ONT LE VIH // cri des albatros - end   26.11.17 16:17

Le membre 'Cri des Albatros' a effectué l'action suivante : Don des étoiles


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MessageSujet: Re: MES FRERES DE SANG ONT LE VIH // cri des albatros - end   01.01.18 23:08


mes frères de sang ont le VIH
Alors que le galet préférait sombrer dans un silence qui lui offrait un avant-goût de la mort, Albatros, elle, se raccrochait à son rire de crécelle comme à la corde qui tombe d'un puits de lumière, dans des catacombes. Elle initie une phrase, jette des mots dans l'air, ils s’écrasent comme des oiseaux aux ailes ligaturées, elle se bloque. Un, deux, griffes qui rentrent, sortent, Éros et Thanatos, le sang va couler, il sent déjà son goût métallique dans sa bouche, il n'en a que faire. Il ne bouge pas, offre à la gamine - enfin, gamine, plus vraiment maintenant, elle doit faire sa taille, à lui qui est si petit, et si immature - une prise sur son visage, son corps émacié, mais pas d'emprise sur son cœur, qui demeure lourd, lourd. Il ne savait pas qu'un trou noir pouvait être si dense, et il venait y égarer ses arc-en-ciels.

Enchantée, je viens d'offrir le frein d'arrêt d'urgence, si c'est ce que tu demandes tant. Tu crèveras avec la conviction d'avoir trouvé quelqu'un pour combler ton manque d'amour envers toi-même au moins.

Jeu de mains, jeu de vilains, elle l'entaille, grave sa peau comme les amoureux gravent l'écorce tendre des arbres. Surpris par la violence du coup, il laisse la physique et Newton faire leur bonhomme de chemin, et ses antérieurs ploient, sa tête, part un peu sur la gauche puis se stabilise, il regarde le sol. De son museau gouttent quelques larmes visqueuses, rouge sale, et viennent décorer la terre. Il était un peu triste pour elle, car il ne lui offrirait jamais ce qu'elle demandait, et beaucoup pour lui : même la violence ne parvenait plus à le motiver, et à remplir son âme.



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MessageSujet: Re: MES FRERES DE SANG ONT LE VIH // cri des albatros - end   28.01.18 22:42

asleep, the smiths

Le silence de mort de Toucan ne la calmait pas. Elle aurait préféré qu'il l'insulte, qu'il la fasse pleurer comme il savait bien faire, qu'il la défigure encore plus qu'elle ne l'était. Au lieu de ça, il se laissait faire, et si elle gagnait, elle n'aurait aucune reconnaissance. Toucan ne lui laissait même pas la chance de pouvoir se pavaner d'avoir gagné. Il ne lui laissait pas l'opportunité de l'impressionner. Si elle parvenait à le mettre à mal, c'était une victoire volée. Son acte aurait été si absurde qu'il brillerait plus qu'elle dans cette bataille. Cri des Albatros tremblait de rage. Il était égoïste jusqu'à la moelle, à lui refuser cette possibilité de briller et d'impressionner son mentor psychologique. C'était donc ça ? Son modèle ?
C'était donc ça, être adulte ?
C'était ça, être adulte et être déçue par les modèles ?

Les tremblements se mutèrent en pleurs désespérés, tandis que la cadence de ses cours diminuèrent. Même les plaies qu'elle avait laissé à Toucan n'arrivait pas à la calmer. Même ce contact, chaud bouillant pour une fois, n'arrivait pas à combler le vide qu'il avait creusé en elle. Il se disait vide d'essence et d'envie de vivre, mais elle était vide d'amour, vide d'attention. Il ignorait la douleur, il ignorait ses coups,
il l'ignorait. Il ignorait son ultra-violence.
Il ignorait le début de leur relation, basée sur la violence et le sexe.
C'était donc ça, être oubliée ?

« Mais … Mais PUTAIN bouge BOUGE fais quelque chose MONTRE QUE T'AS MAL au lieu de CHIALER POURQUOI tu me fais CA ? POURQUOI tu fais ça à tout le MONDE ? J'EXISTE JE VEUX ÊTRE TON PUTAIN DE MONDE BOUGE. BOUGE TOI. GUEULE et même PLEURE si tu veux mais fais quelque chose au lieu de faire SEMBLANT QUE MES COUPS CA EXISTE PAS. JE TE DETESTE je te hais JE VEUX que tu meurs mais NON JE VEUX QUE tu sois LA et en vie mais CREVE S'IL TE PLAIT. »


Tandis que ses pattes étaient teintes de rouge, ses tremblements s'accentuaient et les larmes repeignaient ses joues d'enfant déçue. Elle se sentit capable de le tuer, pour le faire réagir, pour exister pour lui. Elle aurait été sa meurtrière, elle aurait été quelqu'un pour lui. Elle se sentait capable de faire des choses extraordinaires, de frôler le non-éthique, pour être quelqu'un à ses yeux. Non. Il la considérait comme un objet à jeter, quelque chose d'à peine vivant. Son visage se déforme, ses yeux sont fermés, sa bouche tire vers le bas et son corps est secoué de soubresauts. Ses griffes restent dans les plaies crées, là où la brûlure des coupures l'auraient réveillé autrefois. Elle n'arrivait pas à savoir si elle était triste par sa déception ou triste pour l'état de son modèle.

Elle reste là, en attente d'une réponse. Elle reste là, à chialer bruyamment avec ses cris de crécelle. Si il ne la voyait pas, peut-être l'entendra-t-il. Elle espérait un coup de patte vengeur, elle espérait une insulte, qu'elle soit la cible d'une de ses actions. Elle voulait qu'il pense à elle, ne serait-ce qu'une fraction de seconde, celle d'une action, qu'elle soit l'objet d'une de ses décisions. Ainsi, son visage allait apparaître dans sa pensée. Consciente de ses excès, elle regarde le sang couler au sol, et n'arrive pas à y trouver un semblant de victoire. Elle n'a rien gagné, elle était la seule à combattre. Les trophées sans concurrents ont un goût terriblement fade. Son regard est assombri et fixe, ses oreilles baissées. Calme après la tempête, elle cède à l'immobilité, au silence.

Ainsi, ils ressembleront à deux cadavres et Toucan sera content.

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MessageSujet: Re: MES FRERES DE SANG ONT LE VIH // cri des albatros - end   13.03.18 1:01


mes frères de sang ont le VIH
Les cris raisonnent dans la vallée des précipices, les coups cessent, le silence fait du bruit. Elle pleurait à présent, de moins en moins cependant, et ne bougeait plus. Ils étaient reflets l’un de l’autre, deux négatifs qui évitaient de se regarder.

Lentement, avec des gestes théâtraux, des gestes d’aristo, il releva la tête. Son sang gouttait toujours, plus visqueux que liquide, en filaments rougeâtres accordés aux yeux d’Alby. Il la regarda, elle, si petite malgré sa taille, si brisée malgré son unité de fourrure. Il l’avait détruite, cette petite, il le savait. Il savait pertinemment que sans lui, sa vie aurait été bien plus belle – et, mais ça, il ne pouvait le deviner, et n’avait ni la prétention ni l’envie de le penser, bien plus longue.

Son regard transperça son corps laiteux comme s’il eut s’agit d’une brise, ou d’une toile d’araignée : il restait focalisé sur ses pensées, sur lui-même.

Toucan n’était qu’un égoïste.

J’ai mal.

Il parlait fort, il parlait seul.

J’ai toujours mal. J’ai plus de raison de le dire. J’ai mal dans la poitrine, dans le cœur. J’ai mal et ça ne me fait plus rien.

Il cligna des yeux, comme s’il émergeait avec douceur d’une transe, d’un rêve éveillé. Il creva la surface de l’eau, fixa son regard sur les pattes de l’albinos, sur ses pattes rougies par le sang. Par son sang.

T’es contente comme ça ?

Il inclina sa tête sur ses épaules, gauche, droite, les os craquent. Il soupire. Se relève, et darde ses prunelles éteintes sur le poitrail de la jeune chatte.

Tu sens encore ton cœur ? Il bat toujours, ou tu es comme moi ?

Il avance vers elle, à pas de loup, avec peine, comme si l’air s’était solidifié autour de lui. Il finit par se camper à une longueur de souffle d’Albatros, il lui envoie son dioxyde de carbone dans les naseaux.

J’ai un trou, là, entre les côtes. Je crois que j’ai perdu mon coeur, et que je n’en ai jamais eu ; ou qu’il s’est fatigué d’attendre à commencer à battre, et qu’il est parti de son plein gré.

Encore quelques centimètres, ce qu’il voulait combler c’était l’écart incommensurable entre lui et les autres, entre ses pulsions de mort et la vie qu’il aurait pu avoir, avec elle par exemple, ou avec une plus belle. Il mourrait d’envie de vivre quelque chose de beau, de grand. De vivre une histoire d’amour, et tout à la fois de ne plus vivre du tout.

Moi aussi je veux crever, comme tu dis.


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MessageSujet: Re: MES FRERES DE SANG ONT LE VIH // cri des albatros - end   09.04.18 21:37

« Tu sens encore ton cœur ? Il bat toujours, ou tu es comme moi ? »

Albatros à la mine boudeuse, elle préférait regarder le sol qu'affronter son regard. Lui au moins ne l'aura jamais blessé que dans ses chutes, mais il l'avait toujours soutenu. Toucan n'avait jamais été là que pour la battre et lui faire mal. Désormais, elle remettait en question son adolescence, et adulte, elle ne pouvait ignorer les mauvais traitements qu'elle avait subi au nom de l'amour. Toucan était un tordu, un pervers, et le voici qu'il exhibait ses blessures en espérant l'adoucir. Ses yeux rougeâtres se posèrent sur ses pattes. Elle avait une nouvelle unité, chaton de rouge et de blanc. Elle se demandait si elle pouvait se construire sur cette paix intérieure retrouvée, l'oublier et partir au loin en espérant ne plus jamais le revoir.
C'était vain.
Elle avait oublié ce que c'était que vivre sans amour obsessif. Peu à peu, elle se demandait si elle n'était pas amoureuse du fait d'aimer à la folie, et que Toucan était la pauvre victime de son manque de consistance. Dépendante affective, Toucan aurait pu être un guerrier de son Clan que son destin aurait été le même. Néanmoins, l'albinos aurait été moins en danger. C'était certain.

« J’ai un trou, là, entre les côtes. Je crois que j’ai perdu mon coeur, et que je n’en ai jamais eu ; ou qu’il s’est fatigué d’attendre à commencer à battre, et qu’il est parti de son plein gré. »


Elle serre les dents, parce qu'il n'y avait pas grand chose d'autre à faire. Y avait dans la voix de Toucan une sincérité qu'elle refusait de croire et même d'écouter. Elle avait tenté de lui faire battre le cœur à coup de batailles, défibrillateur en main, et rien. Les Etoiles et ses vœux restaient sourdes face à sa détresse, et peu à peu, la grande gamine se repliait sur son malheur. Celui de Toucan n'existait pas. Il n'était qu'objet de son désir et de ses fantasmes. Il n'avait plus son individualité. Elle ne voulait plus le voir, elle refusait de constater son humanité.

« Moi aussi je veux crever, comme tu dis. »

Comment pouvait-il oser.

« Vas-t-en. Je veux plus te voir. »

Il s'était foutu d'elle pour ensuite désirer un peu d'amour. Il était clochard sans amour à faire la manche en espérant qu'on puisse lui donner un peu d'affection, à défaut d'en avoir pour les autres et lui-même. Non. Toucan n'avait pas de cœur. Il n'en avait pour personne. Le plus tragique, c'est qu'il était tellement pourri à l'intérieur qu'il commençait à se dégrader, devenant un boulet pour lui-même. Sa vie était certainement infiniment plus dramatique que celle de l'albinos. L'albatros était sourd, trop haut dans le ciel de ses problèmes pour bien vouloir l'entendre.

« Je suis sûre que t'as un cœur. » Elle comptait bien le vérifier un jour. « T'as toujours été un beau parleur, t'as jamais agi de toute manière. Si t'as tant envie de crever, va te suicider, fais un truc. »

Elle relève la tête et se retient de lui cracher au visage. Elle ne le ferait pas. Elle ne veut pas l'endommager. Être contradictoire au possible, c'était dans ce mouvement de cloche pied que son esprit vagabondait d'une pensée à une autre.

« Avec toutes les vies que t'as fauché, tu devrais te sentir plus vivant que ça. Rends moi mon adolescence, rends moi mon enfance, rends moi mon innocence, rends moi le fait que je puisse voir le moulin comme quelque chose de positif et pas comme le début de ton abus. Rends moi ma vie au lieu de gâcher la tienne si t'en veux plus. »

Ultime appel de désespoir, elle lui offrait le plan de la vie posée, où elle le chérirait comme une gentille femme, bien qu'il soit mort de l'intérieur. Elle adorerait un cadavre, mais ça lui conviendrait tant qu'elle avait toujours une raison d'exister.

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MessageSujet: Re: MES FRERES DE SANG ONT LE VIH // cri des albatros - end   19.04.18 21:39


mes frères de sang ont le VIH
Il n'a toujours pas bougé - elle n'a pas tort, il n'avait jamais vraiment agi de sa vie ; et la seule fois qu'il entrepris de suivre un tant soit peu des sentiments plus hauts, plus nobles que la faim, la libido ou l'ennui morose, il en avait payé le prix, dans un harem à l'ombre. il n'avait plus fait d’efforts après ces moments passés hors du temps et hors de lui, et peu à peu, les idées noires qu'il cultivait avaient écloses. C'étaient maintenant des chardons qui lui poussaient dans le cœur, un écosystème de chrysanthèmes et de fleurs fanées qui envahissaient ses poumons, et dont l'odeur entêtante de douce déliquescence lui enivrait la cervelle. Il vivait dans des vapeurs de deuil et de pourrissement.

Il ne vivait plus.

Elle vivait dans le passé.

De quelle innocence tu parles, chaton ? Tu te cachais déjà à l'époque derrière ton âge, et maintenant derrière tes regrets - tu devrais faire comme moi, n'être que transparence. Plus de cachette. Plus de peine. Plus que du vide.

Il la regardait, elle qui était si près physiquement, et n'avait jamais été plus loin de lui. Il ne l'aimait pas, ça non, ni même ne l'appréciait. Mais elle avait toujours été là, comme une ombre qui, du coin de l’œil, reste invisible, imperceptible. Elle était une tache dans sa vision périphérique, ennuyante, mais familière.

Il ferma les yeux. Il ne voulait plus la voir, si elle ne lui apparaissait pas, elle n’existait pas. Et il n'existait pas non plus si il ne voyait pas son reflet rougeâtre dans ses pupilles distordues. Il baissa la tête, apposa son museau sur celui de l'albinos, comme un scelle un contrat de rupture de bail.

Il se recula, les yeux clos. Un pas, puis un autre, puis un demi tour.

Je pense que la prochaine fois qu'on se voit, c'est que l'un de nous est mort.


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MessageSujet: Re: MES FRERES DE SANG ONT LE VIH // cri des albatros - end   

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