The Propheties Begin

Thème II - Le redoux
 
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 marteau piqueur ; prio Coeur Fleuri

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Cri des Albatros
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MessageSujet: marteau piqueur ; prio Coeur Fleuri   27.07.16 16:08


Elle se sentait réellement bien. Bien que bien était un euphémisme pour Petit Albatros. Pour être honnête, dire qu'elle se sentait divinement bien serait plus adapté à l'humeur de la jeune albinos. Misérable gamine qu'elle était, elle se voyait grande déesse du Clan du Vent, et elle fendait l'air avec un air léger. Elle sautillait, balançant la tête de droite à gauche, sa queue battant dans le vent. Elle se délectait du bruit du vent de la lande sur les quelques buissons qui avait prit racine sur la terre désertique de son Clan.
Avec le temps, elle avait su étudier la course du soleil. Elle savait distinctement où il y aurait de l'ombre à telle heure, et quelles zones seraient dangereuses pour elle. Se battre pour un coin d'ombre avait eu cet unique bénéfice.

Petit Albatros avait eu une altercation avec un guerrier beaucoup plus vieux il y a quelques temps : Souffle du Loup. Tandis que le peuple se serait caché de honte à l'idée d'avoir manqué de respect à un vétéran comme le félin tigré, le manque de morale de l'albinos et son ignorance volontaire des conventions sociales faisaient que, décidément, irrévocablement, elle en avait strictement et vraiment rien à faire. Elle savait qu'elle n'avait pas été crée pour être aimée, et qu'elle ne le serait jamais. A partir de constat affreusement défaitiste et nauséabond, elle en avait vite déduit que quitte à se lancer dans de terribles joutes verbales, autant le faire avec une classe et une élégance qui semblait la caractériser. Qui était sensé la caractériser. Qu'elle pensait avoir. En vérité, elle était juste une tête à claque parmi tant d'autre.
C'est le cœur léger qu'elle vagabondait à travers le Clan, profitant de la pénombre de son camp pour traverser la grande place. Elle profitait de la fraîcheur matinale, s'étirant de son long, faisant longuement sa toilette. Elle pouvait se promener d'un bout à l'autre de la plaine sans craindre un vilain rayon qui allait fragiliser sa peau fragile, et la chauffer si fort qu'elle en serait brûlée. Elle était libérée. Elle était heureuse.

Ses yeux rougeâtres eurent le malheur de se poser sur la tanière de la guérisseuse. De sa guérisseuse. De sa tante. A elle. Seule. Coeur Fleuri. Son sourire s'étira, découvrant ses crocs. Elle ne lui avait pas parlé depuis longtemps et elle devait avouer que la femelle écaille lui manquait. Elle avait cet air protecteur et désabusé, vulgaire et charmant qui lui plaisait. A la voir, Coeur Fleuri semblait être une condensation d'opposés. Petit Albatros se vantait souvent d'être la nièce de la guérisseuse, pour le protectorat qu'elle lui offrait et le rang qu'elle occupait. Elle avait une place privilégiée dans le clan, car Etoile Fauve lui donnait sa confiance. Bien que sa tante devait obéir au monarque et tendre la patte en participant à des exécutions, Petit Albatros ne pouvait s'empêcher de rayonner quand elle était à ses côtés. Elle l'admirait.

Elle l'admirait comme elle admirait sa mère.
Elle ferait n'importe quoi pour elle.

Ignorant l'heure matinale car elle se levait tôt et se couchait plus tôt que les autres, elle se terra au sol. Elle avait envie de mettre à profit ce qu'elle avait pu observer chez les apprentis qui s'entraînaient. Ils se tapissaient au sol, le ventre contre la terre, et avançaient avec une légèreté qui laissait Petit Albatros rêveuse et admirative. La différence entre elle et eux, c'était qu'ils avaient reçu un entraînement qui leur permettait de savoir où placer le poids dans leurs pattes pour ne pas faire de bruits. L'albinos, elle, non. Elle avait l'air plus ridicule qu'autre chose à être dans cette position. Elle ressemblait à un cloporte sur le dos qui tentait de se relever. Avec un bruit qu'elle pensait être un silence, la gamine pénétra dans la tanière de la guérisseuse, le poil dressé par l'excitation de sa farce. Elle passa la tête à l'angle de l'entrée, les yeux pétillants d'adrénaline. Elle banda ses muscles, prête à sauter, la bouche ouverte tant qu'elle retenait son souffle. Soudain, elle bondit à côté de sa tante.

« SURPRISE ! »

Elle lui bondit dessus pour lui chatouiller le ventre, blottissant son museau contre la fourrure de son ventre et riant.

« C'est l'heure de se lever tata ! C'est le matin ! Quelle tâche super cool tu vas accomplir aujourd'hui ? Donner du mille-feuille gratuitement à des gens qui nous embêtent ? Ou donner du cassis et des framboises à ta nièce préférée ? »

Elle lui offrit un grand sourire, et ses yeux étaient devenus des puits de joie. Elle sautillait de partout, se roulant au sol. Quand je vous disais que Petit Albatros n'avait aucune notion des conventions sociales, ce n'était pas un euphémisme.

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: marteau piqueur ; prio Coeur Fleuri   27.07.16 23:27


Ce matin, Cœur Fleuri se sentait dans un brouillard épais, plongée dans un demi-sommeil curieux, peuplé de bribes de rêve et de réalité. Elle entendait vaguement comme un félin s'approchant d'elle, mais le Clan des Étoiles seul savait si ces sons étaient hallucinés ou réels. La guérisseuse décida vaguement d'ignorer les pas, songeant qu'elle avait affaire à un chat qui rôdait un peu trop près de sa tanière.

« SURPRISE ! »

Sur ce cri strident, la guérisseuse sentit un poids sur son ventre – elle qui détestait qu'on lui touche le ventre. Ses yeux fatigués observèrent la cause de tout ce remue-ménage, et lorsqu'elle vit un éclair blanc, elle se permit d'abattre à nouveau sa tête sur le sol dans un bruit mat. Petit Albatros, la tornade d'hiver, pensa-t-elle en poussant un grognement mi-contrarié mi-ravi.

« C'est l'heure de se lever tata ! C'est le matin ! Quelle tâche super cool tu vas accomplir aujourd'hui ? Donner du mille-feuille gratuitement à des gens qui nous embêtent ? Ou donner du cassis et des framboises à ta nièce préférée ? »

Le regard fatigué de l'écaille se posa avec tendresse sur l'enfant, qui arborait un sourire lumineux. Elle adorait cette petite, vraiment, mais elle avait plus d'énergie que dix chatons réunis. La guérisseuse s'ébroua mollement, en continuant à fixer Petit Albatros. Sa nièce n'avait pas la langue dans sa poche, et Cœur Fleuri savait combien elle l'appréciait et l'admirait. Fière d'être si importante pour elle, la guérisseuse n'hésitait pas à lui accorder de son temps et de son calme, car il fallait avouer que Cœur Vaillant en manquait parfois.

En se levant, Cœur Fleuri posa une patte ferme sur la tête de l'albinos, qui gesticulait dans tous les sens, sans avoir l'air de vouloir s'arrêter. La guérisseuse prononça alors ces quelques mots d'une voix éraillée et d'un air sévère :

« La prochaine fois que tu me fais ça, jeune féline, je te fais avaler des baies d'if. »

L'écaille la fixa sans ciller et sans changer d'expression pendant quelques secondes, avant de l'attraper et de la chatouiller à son tour.

« Ha HA ! Alors, Étoile d'Albatros, on se laisse décontenancer par une guérisseuse ? »

Avec un rire tonitruant, la guérisseuse secoua gentiment Petit Albatros, avant de la libérer en lui frottant le haut du crâne.

A cet instant, Cœur Fleuri ne put s'empêcher de regarder le chaton avec une pointe de fierté. Elle n'était pas sa fille, et elle n'en aurait d'ailleurs jamais, mais l'affection qu'elles se vouaient mutuellement lui mettait du baume au cœur. Elle voulait autant que sa sœur que sa destinée soit hors du commun, et qu'elle franchisse tous les obstacles de la vie, mais elle ne pouvait s'empêcher d'être anxieuse à l'idée qu'il lui arrive quelque chose. Mais contrairement à Cœur Vaillant, Cœur Fleuri cachait très bien ses doutes et évitait à la petite de devoir subir une pression supplémentaire. En parlant de Cœur Vaillant …

« Tu as dit à ta maman que tu étais ici, au moins, mon petit hiver ? Elle s'inquiète très vite, tu sais … »

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MessageSujet: Re: marteau piqueur ; prio Coeur Fleuri   30.07.16 23:47


Coeur Fleuri n'avait rien vu venir. Petit Albatros aborda un sourire fier et satisfait, se voyant déjà fanfaronner à la pouponnière devant ses frères et sœurs qu'elle avait réussi à surprendre la guérisseuse, d'habitude si prudente. La queue dressée et ondulant, elle sautillait autour de sa tante, racontant quelques banalités d'une voix essoufflée.

« La prochaine fois que tu me fais ça, jeune féline, je te fais avaler des baies d'if. »

Elle se stoppa d'un coup, et ce fut comme si ses pattes s'étaient ancrées solidement au sol. Avaler des baies d'if ? Coeur Fleuri venait – elle vraiment de la menacer ? Les yeux de la gamine se vidèrent instantanément, tandis que ses mots résonnaient dans sa tête. Pourquoi la femelle écaille ferait – elle ça ? Petit Albatros pensait qu'elle l'aimait, et …
Une masse lui bondit dessus et elle sentit des chatouilles sur son ventre. Elle ne put s'empêcher de rire aux éclats, se débattant dans tous les sens en usant de son agilité de chaton et de sa petite taille pour tenter de s'extirper du supplice de la guérisseuse.

« Ha HA ! Alors, Étoile d'Albatros, on se laisse décontenancer par une guérisseuse ? »


C'était une blague donc ? Si la gamine n'était pas albinos, elle se serait mise à rougir. Au lieu de cela, elle s'écrasa un peu au sol, avec un sourire gêné et les yeux au sol. Elle n'était absolument pas perturbée, absolument pas. Coeur Fleuri était une des seules personnes qui avait autant d'impact sur sa vie. Elle pouvait aller lui demander de s'arracher une patte, elle le ferait. Elle se sentait habitée par une dévotion aveugle pour sa famille. Elle pourrait aller chercher des ennuis à des vétérans, au risque de voir sa réputation baisser drastiquement et de mordre la poussière. De plus, la hargne de l'albinos avait tendance à la rendre particulièrement violente, ce qui lui causait des ennuis à la pouponnière. Elle était muette de honte et se trouvait soudainement stupide d'avoir pu penser que sa tante était cruelle. Elle aurait voulu se mettre à plat devant lui, embrasser ses pattes jusqu'à se faire pardonner d'être aussi stupide, se rouler au sol, pourquoi pas.
Petit Albatros était une personne dévouée et passionnée. Dirons nous.

« Je n'étais pas perturbée … J'ai fais semblant... »

Son cœur se réchauffa quand elle sentit la caresse affectueuse de sa tante sur son crâne. Un large sourire décora son visage. Soudainement habitée d'une joie incontrôlable, elle repartit en courant dans la tanière, regardant dans tous les sens les remèdes, les yeux curieux. Elle voyait plein de baies, de toutes les couleurs, des liquides odorants et étranges, des racines tordues et inquiétantes. Elle se sentait comme dans la demeure d'un prophète, mais avec l'aspect interdit en moins. Petit Albatros n'avait pas l'impression de souiller un quelconque endroit sacré, mais elle pouvait ressentir une aura reposante et calme chez sa tante. C'est ce qu'elle appréciait le plus. Elle adorait les récits épiques des guerriers autant que les aventures mystiques des guérisseurs. Une pensée lui traversa l'esprit : dans quelques lunes, elle aurait à faire un choix. Allait – elle devenir apprentie guérisseuse ou apprentie guerrière ? Elle voulait devenir guerrière pour pouvoir prétendre au poste de chef, monter les échelons coûte que coûte, afin de prouver à tous qu'elle était formidable et que malgré son handicap elle était capable de tout. Or, Coeur Vaillant, sa mère, disait régulièrement qu'elle allait atteindre les sommets, avec une voix vacillante et inquiète. Petit Albatros savait sa mère émotive et qu'elle gérait mal ses sentiments. Elle sentait son inquiétude vis à vis de son pelage et de ses sales yeux. Si elle devenait guerrière, c'était principalement pour elle. Elle voulait que sa mère soit fière d'elle, qu'elle n'ait ni honte ni regret à son égard. Petit Albatros se sentait redevable.
Elle haïssait ça.

« Tu as dit à ta maman que tu étais ici, au moins, mon petit hiver ? Elle s'inquiète très vite, tu sais … »

Elle poussa un long soupir. Coeur Fleuri était – elle si sensationnelle qu'elle lisait à l'intérieur de son esprit ? Petit Albatros se surprit à tenter de contrôler ses pensées. Au cas où. Savait – on jamais. Sa mère avait tendance à s'inquiéter, oui, mais à une heure pareille, elle devait certainement dormir avec ses frères et sœurs au creux de son ventre chaud. L'albinos préférait se promener tôt, pour pouvoir profiter de l'intégralité du camp avant que le soleil ne se lève.

« Elle en fait toujours trop. De toute manière. Elle dormait quand je suis partie. » Un sourire fier s'esquissa sur son visage. « C'est qu'il est tôt. Et je suis la plus courageuse de la pouponnière. Donc je suis la première à sortir, logiquement. Pendant que tous les autres dorment, quelle bande de feignants je te jure. »

Elle eut un petit rire avant de se rappeler des mots de sa tante. Et si sa mère s'inquiétait vraiment ? Pour Petit Albatros, il était impensable qu'elle se fait du soucis, car aux yeux de l'enfant, sa mère semblait dotée d'un système de divination qui ne touchait que ses enfants. Où qu'ils soient, Coeur Vaillant les trouverait quoiqu'il arrive. En vérité, c'était surtout une mère qui connaissait les petites habitudes de chacun de ses enfants.

« Tu penses que maman s'inquiète ? Elle avait l'air de dormir quand je suis partie. Puis elle s'inquiète beaucoup quand même. Des fois, j'ai l'impression qu'elle en fait vraiment trop. J'ai pas envie d'être une source d'angoisse pour elle. Je suis sa fille, enfin ... »

Elle eut une moue plus triste avant de lever les yeux vers sa tante. Elle n'était pas venue ici pour ennuyer les adultes avec ses problèmes de gamines. Coeur Fleuri devait avoir des tonnes de problèmes après tout, comme la lourde tâche de s'occuper du Clan du Vent entier et de tenir la vie des vivants dans ses pattes. Si elle le voulait, elle pourrait faire grève et plonger son clan dans l'anarchie. La guérisseuse était forte. Elle ne le ferait pas.

« Et pourquoi je suis un petit hiver ? J'aurais préféré être un été, ça brille, c'est chaud. J'aime pas ce qui est froid, c'est chiant et ça mouille au final. » Elle réfléchit un moment. « Je suis chiante c'est ça ? »

Et la délicatesse qui définissait Alby peignait cette phrase.

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Cœur Fleuri
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MessageSujet: Re: marteau piqueur ; prio Coeur Fleuri   01.08.16 14:18

Ce qu'il y avait d'exceptionnel, chez la petite albinos, était sans doute son énergie qui semblait inépuisable. Certes, les chatons étaient tous de véritables piles électriques, mais la guérisseuse n'avait jamais vu un enfant aussi surexcité que Petit Albatros. Elle imaginait bien que sa mère devait être exténuée, surtout qu'elle n'avait pas qu'elle à surveiller et à contenir.

Il fallait aussi pointer le fait que la petite avait tendance à passer totalement à côté de toute convention sociale. La bonne tenue, les règles de bienséance, parfois même le respect, tout cela, elle s'en fichait comme d'une guigne. Malgré tout, Cœur Fleuri savait pertinemment que Petit Albatros pensait rarement à mal – ou ne pensait pas tout court.

Lorsqu'elle perçut le soupir de Petit Albatros, Cœur Fleuri pencha légèrement la tête d'un air interrogatif. Un soupir, venu de sa bouche ? Cela avait de quoi la surprendre, vus sa candeur et son optimisme habituels.

« Elle en fait toujours trop. De toute manière. Elle dormait quand je suis partie. C'est qu'il est tôt. Et je suis la plus courageuse de la pouponnière. Donc je suis la première à sortir, logiquement. Pendant que tous les autres dorment, quelle bande de feignants je te jure. »

Cœur Fleuri grimaça. Elle détestait que la petite parle ainsi de sa mère. Mais après tout, ce n'était qu'une enfant, n'est-ce pas ? Il était naturel qu'elle casse du sucre sur le dos de sa mère, de temps à autres. Et puis, Petit Albatros n'étant pas sa fille, la guérisseuse se contentait d'être sa confidente, et ne touchait pas un mot de leurs conversations à Cœur Vaillant.

« Tu penses que maman s'inquiète ? Elle avait l'air de dormir quand je suis partie. Puis elle s'inquiète beaucoup quand même. Des fois, j'ai l'impression qu'elle en fait vraiment trop. J'ai pas envie d'être une source d'angoisse pour elle. Je suis sa fille, enfin ... »

Son rire s'était éteint devant ses interrogations. L'écaille soupira gentiment. L'albinos était une enfant angoissée, sur les épaules de laquelle on mettait bien trop de pression. Et il fallait dire qu'elle s'en mettait elle-même une sacrée dose … Cependant, Cœur Fleuri voyait clairement qu'elle ne demandait qu'à rendre fiers ses proches et à dépasser leurs attentes. Et cette détermination, malgré son jeune âge, avait quelque chose d'admirable.

C'est alors que la guérisseuse remarqua l'air triste de Petit Albatros. Ah ! Ce qu'elle détestait la voir triste … Ça n'allait pas à son aura de petit soleil.

« Et pourquoi je suis un petit hiver ? J'aurais préféré être un été, ça brille, c'est chaud. J'aime pas ce qui est froid, c'est chiant et ça mouille au final. Je suis chiante c'est ça ?
Petit Albatros ! Chiante, c'est un vilain mot ! »

Cœur Fleuri fronça le nez, l'air légèrement mécontent, mais ne put se retenir d'éclater de rire. Son inquiétude était vraiment naïve, mais également adorable au plus haut point. Elle caressa de nouveau le haut du crâne de Petit Albatros, tout en continuant à parler.

« Mais bien sûr que non, tu ne m'ennuies pas. Ceux qui m'embêtent, je leur botte les fesses et ils décampent aussi sec. Ça me fait plaisir de te voir. Et ta maman est heureuse que tu sois là aussi, elle t'aime beaucoup. Elle est juste très maladroite, mais je te promets qu'elle veut tout le bonheur du monde pour toi et tes frère et sœur. »

L'écaille posa sa patte sur le nez du chaton en grimaçant pour détendre l'atmosphère, avant de reprendre :

« Et puis, j'aime particulièrement l'hiver. L'été, tu meurs de chaud ici, on n'a pas un arbre pour avoir de l'ombre. Et le seul endroit où il fait frais, c'est bien dans ma tanière … tu penses bien que tout le monde se trouve un problème pour venir me rendre visite ! C'est à tous leur en donner du mille-feuilles ! Et puis, mon cœur, c'est très beau la neige, tu sais ? On ira jouer dedans quand il y en aura. Tu verras, c'est bien plus drôle que tu ne penses ! »

A cette pensée, le sourire de Cœur Fleuri rayonna plus encore. Elle avait beau être une guérisseuse de presque cinquante lunes, elle ne pouvait jamais refréner un petit cri de ravissement lorsqu'elle constatait que la neige était tombée durant la nuit. Elle avait hâte de pouvoir partager ça avec les enfants de Cœur Vaillant ! Mais pour l'heure …

« Tu veux qu'on fasse quelque chose ? Il faut que je prépare quelques cataplasmes, ou je peux te montrer les nouvelles plantes que j'ai ramenées. Sinon, on peut jouer dehors. Qu'est-ce qui te dirait ? »

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MessageSujet: Re: marteau piqueur ; prio Coeur Fleuri   08.08.16 15:04

guns of brixton, nouvelle vague

Tout en essayant de la rassurer, Coeur Fleuri lui assurait que Coeur Vaillant l'aimait. Petit Albatros eut un petit sourire s'apparentant vaguement à de la gêne. Elle haïssait qu'on ait à la consoler ou à la rassurer sur n'importe quel point. Ses oreilles s'affaissèrent, elle n'était en aucun cas une pleutre qui quémandait mots doux et amour. Elle savait que sa mère l'aimait. Son problème était l'inquiétude qu'elle éprouvait, et surtout, sa cause. Petit Albatros ne pouvait pas supporter le fait que ce soit elle, la cause de ses troubles. Cependant, la guérisseuse lui assura que c'était du à une maladresse de la part de sa sœur. La gamine ne voyait pas comment les adultes pouvaient être maladroits. Pour elle, ils semblaient dotés d'une grâce sortie d'elle-ne-savait-où, et cependant, il y en avait qui semblait moins fins qu'elle. Elle eut un sourire satisfait en repensant à son échange avec Souffle du Loup. Il était l'exemple même de la médiocrité. Il se battait avec des mensonges face à des bâtons, et ne parvenait pas à les briser. Il paniquait.

« Et puis, j'aime particulièrement l'hiver. L'été, tu meurs de chaud ici, on n'a pas un arbre pour avoir de l'ombre. Et le seul endroit où il fait frais, c'est bien dans ma tanière … tu penses bien que tout le monde se trouve un problème pour venir me rendre visite ! C'est à tous leur en donner du mille-feuilles ! Et puis, mon cœur, c'est très beau la neige, tu sais ? On ira jouer dedans quand il y en aura. Tu verras, c'est bien plus drôle que tu ne penses ! »


La neige ? Qu'est – ce que c'était ? Petit Albatros en avait vaguement entendu parlé, mais n'en avait jamais vu de ses propres yeux. Parait – il, c'était froid, blanc, mais joli. Présenté comme ça, elle avait du mal à percevoir le côté amusant de la chose. Elle s'imaginait au contraire un amas de boules blancs glaciales à jeter en l'air, et qui s'envolaient. Elle pouvait y voir quelque chose de poétique, mais en aucun cas quelque chose de joli ou d'amusant. En revanche, elle approuvait silencieusement la réflexion de sa tante sur l'été. Elle haïssait l'été, la chaleur, le soleil. De plus, la majorité de sa famille avait le poil long, donc malheureusement ils devaient tous supporter la chaleur intensifiée.
Peut – être qu'au moins, son pelage sera plus utile en hiver. Elle s'imaginait déjà, à l'abri du soleil assommant, tapie dans la neige, les griffes sorties, prêtes à exploser le premier adversaire qui s'aventurait sur le sol du Vent.

« Tu veux qu'on fasse quelque chose ? Il faut que je prépare quelques cataplasmes, ou je peux te montrer les nouvelles plantes que j'ai ramenées. Sinon, on peut jouer dehors. Qu'est-ce qui te dirait ? »

Elle dressa ses oreilles sur son crâne, les yeux brillants. Jouer ou regarder les plantes. Sa curiosité pour les remèdes médicinaux la piquait. Elle n'était pas spécialement intéressée par l'idée de devenir guérisseuse mais le savoir la fascinait. Pour le coup, elle tenait de sa tante. Elle estimait que le savoir était une force et qu'on pouvait écraser autrui avec ses connaissances. C'est pour ça qu'elle mettait un point d'honneur à tout regarder et chercher partout. L'idée de passer à côté d'un savoir lui procurait un malaise étonnant.

Elle était un chaton. L'idée de jouer avec sa tante la remplissait de joie. Elle se voyait virevolter au milieu de clan avec la guérisseuse, puis tenter de la renverser. Elle s'imaginait sur le ventre de l'écaille, victorieuse, ses coussinets contre sa fourrure douce. Elle souriait. L'idée de se battre contre la femelle la tentait bien aussi. C'était son côté Coeur Vaillant, toujours fonceuse, toujours bagarreuse. Malgré tout, le savoir l'attirait et elle se dit que ce n'était jamais ça de perdu. Elle pourrait se vanter à la pouponnière de connaître telle plante et ses propriétés. C'était toujours un atout, toujours un avantage.

« Je suis déjà venue sans te demander ton autorisation, ça serait dommage de t'embêter en plus et de te tirer dehors, tata. On peut rester ici et je te regarde faire des cataplasmes, puis tu peux me montrer tes nouvelles plantes. C'est toujours intéressant ! »

Elle hésita à lui confier ses doutes sur la voie à prendre. Elle ne savait toujours pas si devenir guerrière était une mauvaise idée, ni si être guérisseuse était suffisamment palpitant pour sa soif d'aventure et de violence. Cependant, elle avait peur que sa tante pense que sa nièce dévalorisait son rang. La guérisseuse au Vent était une figure importante, qui avait le droit de respect et quiconque la méprisait était puni. En d'autres mots, Coeur Fleuri était une célébrité dans le Vent et Petit Albatros jouissait de cet avantage.

« Je peux te parler de quelque chose tata ? » Son sourire, planche de bois, se posa dans sa mâchoire. « J'hésite en ce moment. Je ne sais pas si je dois être guérisseuse ou guerrière. Enfin. Je dis « dois » car je pense que ça serait plus sûr pour moi d'être guérisseuse, je serais constamment à l'ombre … Mais je veux être guerrière, faire avaler la poussière aux ennemis, les exploser et leur faire passer l'envie de venir sur le Clan du Vent ! Je veux être un jour chef aussi. Pour prouver à tous que je suis la meilleure et que même en fuyant le soleil on peut devenir ce qu'on veut. Mais je n'ai pas envie de mourir rapidement de brûlures. Puis devenir guérisseuse me permettrait d'être toujours avec toi aussi. Je ne sais pas quoi faire tata ... »

Elle espérait avoir bien choisi ses mots. Elle se savait maladroite dans ses mots parfois. Quand elle n'avait pas à jouer son honneur dans des joutes vocales, elle réfléchissait beaucoup moins, ne choisissait pas ses mots, n'en voyant pas l'intérêt après tout. Elle était avec Coeur Fleuri, qui n'allait pas la juger si elle utilisait des mots grossiers ou quoique ce soit. En joute vocale, elle mettait un point d'honneur à choisir de jolis mots, à formuler chaque phrase de manière à qu'elle ne puisse pas être utilisée contre elle. C'était ce que Coeur Vaillant lui avait apprit. Si un chaton la frappait, il fallait qu'elle rende, qu'elle ne se laisse pas faire. Chaque mot avait un impact particulier. Les phrases étaient importantes. Il fallait faire attention, car un désarmement à base de mots était regrettable.

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MessageSujet: Re: marteau piqueur ; prio Coeur Fleuri   17.08.16 21:09


Les propositions semblaient tenter Petit Albatros. Fièrement, Cœur Fleuri redressa la tête. Elle était heureuse que sa nièce soit un chaton curieux, toujours prêt à agir et à apprendre, et elle s'en targuait par ailleurs plutôt régulièrement. La plupart des enfants étaient totalement désintéressés de tout ce qui s'approchait plus ou moins de l'apprentissage, mais l'albinos n'en avait pas peur, elle recherchait même à savoir, posait des questions, ne laissait aucun répit à ses interlocuteurs, jusqu'à ce qu'elle semble satisfaite des explications fournies.

« Je suis déjà venue sans te demander ton autorisation, ça serait dommage de t'embêter en plus et de te tirer dehors, tata. On peut rester ici et je te regarde faire des cataplasmes, puis tu peux me montrer tes nouvelles plantes. C'est toujours intéressant ! »

Cœur Fleuri eut une moue attendrie. Bien qu'elle n'aie ni la langue dans sa poche, ni un don pour la finesse, elle n'en restait pas fondamentalement un chaton vraiment gentil. Sa sincérité innocente, également, faisait fondre la guérisseuse. Elle savait pertinemment qu'elle devait quelque part idéaliser cette petite si différente, atypique et hors du monde commun que la plupart des enfants connaissaient, mais elle mettait sa raison de côté lorsqu'elle faisait privilégier à Petit Albatros d'un quelconque traitement de faveur.
Sa nièce était son tout, à défaut d'être la chair de sa chair.

« Je peux te parler de quelque chose tata ? »

La guérisseuse leva un regard doux vers Petit Albatros sans dire un mot, l'invitant à continuer. Ce qu'elle dit ne plut pas vraiment à Cœur Fleuri. Pas que la petite ait fait quoique ce soit de mal, mais l'écaille elle-même n'était pas réellement à l'aise avec ce sujet. Elle n'était pas certaine de devoir encourager Petit Albatros sur la voie de guerrière et puis … elle devait être sincère avec elle-même : elle rêvait d'avoir sa nièce à ses côtés. Mais elle voyait cette petite flamme de détermination dans ses yeux, sa voix enthousiaste lorsqu'elle parlait de ses futurs combats …

Cœur Fleuri lança un regard perplexe au sol. Chef, Petit Albatros ? Quand bien même Étoile Fauve accepterait qu'on la fasse ne serait-ce qu'accéder au rang de guerrière, elle ne deviendrait sans doute jamais lieutenante. A moins qu'elle ne réussisse à conquérir le cœur du Clan au fil de ses expériences et de ses exploits … Mais n'était-ce pas un peu trop de pression pour ses petites épaules ? Quel ancêtre cruel s'était penché sur son berceau, pour lui donner pareille constitution avec de pareilles ambitions … ?

« Tu sais … »

Elle se mordit la lèvre, indécise, puis décida que réfléchir plus longtemps la ferait passer pour moins sincère.

« Moi aussi, j'aimerais que tu sois avec moi toute ma vie, mon cœur. Mais c'est très dur d'être guérisseuse, tu sais ? Il faut croire très fort au Clan des Étoiles, et toujours faire confiance à tes ancêtres. J'ai beaucoup douté, aussi, avant. Mais maintenant, je suis heureuse d'être la guérisseuse du Clan du Vent ! Alors je comprends, mon petit soleil … mais écoute-toi toujours en premier, d'accord ? »

La guérisseuse poussa légèrement le nez du chaton avec sa patte, avant de planter ses yeux d'un air à la fois très sérieux et désinvolte dans le regard de Petit Albatros et de poursuivre :

« Moi, je pense que tu es capable de tout. Tu as une volonté que les autres n'ont pas. »

L'écaille abaissa les épaules et ferma doucement les yeux en soufflant longuement. Il était temps de passer à quelque chose de moins dramatique …

« Bon ! Tu te souviens ce cataplasme pour appliquer sur les foulures que je t'avais montré l'autre fois ? Ça te plairait d'essayer d'en faire un toi-même ? »

Sans attendre sa réponse, Cœur Fleuri trouva en quelques secondes la sauge dont elle avait besoin pour ce cataplasme. Appliquée sous cette forme sur une entorse et serrée avec des toiles d'araignée, elle aidait à calmer l'inflammation et la douleur du malade. Il était donc d'utilité publique, et la guérisseuse mettait un point d'honneur à apprendre à Petit Albatros des astuces qui lui seraient utiles autant en tant que guerrière qu'en tant que future guérisseuse. Elle déposa ensuite la sauge aux pattes de Petit Albatros, songeant qu'elle n'aurait qu'à l'utiliser pour les articulations souffrantes des anciens si la petite n'était pas intéressée par cette petite activité.

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MessageSujet: Re: marteau piqueur ; prio Coeur Fleuri   30.08.16 3:04


Petit Albatros se sentit soudainement soulagée. Coeur Fleuri semblait ne pas avoir prit son inquiétude pour une insulte. Non. Elle ne disait pas qu'elle ne pourrait aider personne en étant guérisseuse. Loin de là. Elle savait que sans sa tante, le Vent était voué à disparaître. Tout le monde allait mourir de maladie. Elle n'était pas destinée à l'être. Trop violente, trop cynique, trop haineuse, elle n'avait pas la patience de résoudre les problèmes ni l'amour que la guérisseuse avait pour son prochain. En y pensant, elle voyait Petit Alcidé être guérisseur. Il était calme, à l'écoute, très doux, et produisait chez les gens un sentiment de calme et douceur. Rien qu'entendre sa voix ou le voir donnait une sensation de calme, de sérénité. Voir Petit Albatros plongeait les autres dans une gêne étrange et elle n'avait pas envie d'être une femelle qui calmait.

« Moi aussi, j'aimerais que tu sois avec moi toute ma vie, mon cœur. Mais c'est très dur d'être guérisseuse, tu sais ? Il faut croire très fort au Clan des Étoiles, et toujours faire confiance à tes ancêtres. J'ai beaucoup douté, aussi, avant. Mais maintenant, je suis heureuse d'être la guérisseuse du Clan du Vent ! Alors je comprends, mon petit soleil … mais écoute-toi toujours en premier, d'accord ? »


Ses oreilles se dressèrent sur sa tête tandis qu'une de ses paupières se leva vers le ciel. Penser à soi ? Elle était persuadée qu'un clan marchait par l'entente de tous. Elle ne se voyait pas penser seulement à son bien et à elle. Elle était persuadée que les guerriers étaient triés sur le volet, où les faibles étaient des combattants de seconde zone, relayés à la chasse. Elle ne se voyait pas choisir sa classe sans qu'Etoile Fauve ne vienne lui demander de se mettre à telle place. Elle ne se voyait pas choisir en fonction de ses envies. A ses yeux, un chaton allait là où il était le plus utile. Et désormais, elle pouvait choisir. C'était sa vie qui changeait.

« Je crois très fort au Clan des Étoiles ! Après tout, où irait les chats morts ? Puis pourquoi on serait là si il existait pas ? Les gens qui n'y croient pas sont juste une poignée d'imbéciles voulant pas faire comme tout le monde après tout. » dit – elle en fronçant légèrement le museau.

Puis sa tante prononça les bons mots.

« Moi, je pense que tu es capable de tout. Tu as une volonté que les autres n'ont pas. »


Petit Albatros se retourna, alerte. Son cœur s'emballa et ses yeux scrutait sa tante. Elle pensait, elle, Coeur Fleuri, la guérisseuse unique du Vent, celle qui faisait tenir tout le Clan, qu'elle était capable elle, Petit Albatros, albinos et future limace croulant sous du fumier qu'elle était capable de tout ? Coeur Fleuri venait de poser une once d'espoir dans le cœur de la petite, et les yeux pourpres de la gamine se mirent à briller. Elle avait une volonté, une rage de vaincre, une haine profonde contre le déterminisme qui la rongeait. Autant elle était capable de se plier aux volontés d'Etoile Fauve pour le bien du Vent, autant elle se voyait Etoile de l'Albatros, brillante et resplendissante, gérant avec bienveillance son Clan. Ses oreilles tressaillirent et elle ferma les yeux avec une expression de bonheur intense. Coeur Fleuri lui avait dit qu'elle avait une volonté exceptionnelle. Elle croyait en elle. Petit Albatros, si émue, ne put décrocher un seul mot, haletant légèrement sous la joie et le bonheur.

Elle allait exploser un moment, c'était certain. Elle tremblotait.

« Bon ! Tu te souviens ce cataplasme pour appliquer sur les foulures que je t'avais montré l'autre fois ? Ça te plairait d'essayer d'en faire un toi-même ? 
- OUI ! Oui oui oui tata ! Carrément ! »


Elle eut soudainement envie de se calmer, se disant que son comportement faisait un peu louche. Elle n'avait aucune envie d'effrayer sa tante. La décevoir était une idée insupportable. Elle se souvenait de ces fameuses foulures. C'était à cause des régulières bagarres à la pouponnière. Elle se battait avec les autres chatons, étant beaucoup trop arrogante et imbue d'elle même pour être vivable. Quand l'albinos eut la sauge entre les pattes, elle se remit à trembloter sous la joie. Elle allait détenir un savoir que les autres n'avaient pas. Elle eut soudainement envie de lâcher un « trop classe ! » ou un « trop cool ! ». Elle se ravisa.
Il ne manquerait plus qu'elle ne paraisse stupide face à Coeur Fleuri. Elle se revêtit de son masque plus neutre : oreilles légèrement baissées, sourire de côté, yeux sous avalanches. Elle leva légèrement la tête, menton en l'air comme si elle voulait esquiver les remarques.

« Et j'en fais quoi ? »

Elle l'agita de gauche et droite avant de le prendre dans sa gueule et regarder l'entrée de la tanière de la guérisseuse. Une idée lui traversa l'esprit. Elle voulait s'amuser, elle adorait s'amuser, elle ne pouvait vivre sans adrénaline pour booster son cœur. Elle aimait vivre dangereusement et provoquer le chaos. Elle semblait avoir une réelle obsession avec l'idée de l'imprévu.

C'était justement ce qu'elle allait provoquer.

Sans crier garde, elle s'élança hors de la tanière en riant, la sauge entre les dents. A peine sortie de chez Coeur Fleuri, elle sentit l'intégralité de ses organes qui gonflèrent. Son cœur, battant, semblait prisonnier de deux poumons qui faisaient la guerre et qui faisaient gros dos pour impressionner les pattes qui étaient tremblantes d'excitation. Elle imaginait Coeur Fleuri, sortant affolée de sa tanière pour la récupérer. Cette simple idée la combla de joie. Fermant les yeux, elle continuait à foncer tête baissée dans le camp, heureuse que le soleil ne soit pas encore tout à fait levé.

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MessageSujet: Re: marteau piqueur ; prio Coeur Fleuri   04.09.16 11:14


La guérisseuse eut un sourire ravi devant l'enthousiasme de Petit Albatros pour sa proposition. L'albinos avait des réactions parfois imprévisibles … et puis, c'était une enfant, on ne savait jamais trop comment les enfants allaient réagir à la même question, d'un jour à l'autre.

Cœur Fleuri aurait voulu protéger cette enfance exempte de tous soucis de cohérence, mais voulait malgré tout que Petit Albatros devienne une adulte intègre, dont tout le monde pourrait être fier. Mais son côté parfois ultra-violent l'inquiétait tout de même. La guérisseuse, mieux que tout le monde, avait pu voir tous les petits grandir depuis sa nomination au poste d'apprentie-guérisseuse, et il n'était pas rare qu'un chaton soit plus agressif que les autres, et qu'il se calme durant son apprentissage. Malgré tout, elle avait l'impression que le cas de sa nièce était différent. Et pourtant, elle espérait de tout cœur que ses ardeurs guerrières s'apaisent avec le temps.

Lorsque la petite eut la sauge en sa possession, elle sembla prise d'un tremblement irrésistible. Cœur Fleuri s'inquiéta légèrement. Allait-elle pleurer ? Crier de joie ? Connaissant le côté excessif de Petit Albatros, les deux raisons étaient équiprobables. Cependant, le tremblement cessa, et elle parut étrangement calme.

« Et j'en fais quoi ? »

L'écaille réprima son hilarité. Elle n'était pas très étonnée que l'albinos n'ait pas prêté attention à ses cours sur les cataplasmes destinés aux foulures, la dernière fois qu'elle lui en avait appliqué un. Cependant, elle ne pipa mot, et se contenta de pencher gentiment la tête sur le côté, laissant Petit Albatros à ses interrogations. Cœur Fleuri savait qu'elle la maternait déjà peut-être un peu plus que les autres, elle n'allait pas faire le travail à sa place, non plus !

Avec un petit sourire amusé, l'écaille observa sa nièce agiter la sauge comme s'il eut agi d'une épée. Soudain, et sans un avertissement, Petit Albatros fonça vers la sortie de sa tanière. Il fallait avouer que la guérisseuse n'était pas habituée à l'effort physique, et elle mit un certain temps à passer à l'action, aussi Petit Albatros avait traversé la moitié du campement que Cœur Fleuri n'avait toujours pas bougé d'un poil.

Dressée sur ses petites pattes, la féline courut de toutes ses forces à la poursuite de sa nièce. La scène avait de quoi faire rire : la guérisseuse n'était pas connue pour ses exploits à la course, et la voir perdre son sang-froid et son apparente immobilité de tranquille lilliputienne relevait de l'exceptionnel. Heureusement, il y avait fort peu de félins qui la suivaient du regard, mais ce « fort peu de félins » la troublait déjà.

« PETIT ALBATROS ! »

Ce n'était pas un cri qu'elle venait de pousser, mais plutôt un rugissement. Elle était hors d'elle, et il n'y avait bien que les enfants pour réussir à lui faire perdre ainsi ses moyens. De plus, perdre le contrôle de sa nièce, dont elle se sentait excessivement responsable, ne faisait qu'amplifier sa colère.

Ensuite, constatant que l'albinos ne l'entendait pas, sans doute transportée par sa petite farce, Cœur Fleuri déboula dans son dos comme un taureau furieux. Sans ménagement, elle l'attrapa par la peau du cou et la tira vers elle dans le même geste, ce qui fit perdre l'équilibre à l'enfant. Un bruit mat suivit sa chute.

La guérisseuse n'eut pas un tressaillement. Elle n'était pas dotée de pitié lorsqu'on la mettait sincèrement en rogne. D'un ton glacial et vibrant de colère, Cœur Fleuri siffla :

« Tu peux me dire ce qui t'as pris ?! »

HRP:
 

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MessageSujet: Re: marteau piqueur ; prio Coeur Fleuri   04.09.16 14:34

she's lost control, joy division

Riant aux éclats, Petit Albatros ne s'était jamais sentie aussi libre. L'idée de provoquer le bazar autour d'elle avait tendance à multiplier sa joie, et c'était hilare qu'elle traversait le clan, ventre contre le sol et pattes tendues jusqu'à jouer tout autour d'elle. Soudain, une masse lui tomba sur le dos. Elle en eut le souffle coupé et lâcha sa sauge sur le coup avec un petit cri étouffé. Elle sentit les crocs lui attraper la peau du cou et eut un moment de réflexion. Coeur Fleuri l'avait rattrapée. Ses yeux s'illuminèrent à l'idée que sa tante avait pu courir après elle. Elle imaginait la scène. C'était si mignon. C'était si adorable. Coeur Fleuri, son air fatigué soudainement animé par de l'inquiétude que la gamine lui avait inspiré. Le cœur de l'albinos s'emballa.
Elle mordit la poussière, c'était une sensation qu'elle se surprit d'adorer.

« Tu peux me dire ce qui t'as pris ?! »

Sa tante semblait hors d'elle. Certainement que l'escapade de Petit Albatros l'avait inquiété plus que tout et qu'elle s'imaginait que la petite aurait pu se casser une patte, tomber, faire quelque chose qui pouvait compromettre sa famille. Rien. Elle s'amusait à traverser le camp avec de la sauge. L'albinos ne put s'empêcher de rire encore, encore sous l'effet de l'adrénaline. Elle avait décidé de se calmer avant de répondre à sa tante. Elle toussait et fronçait les narines, passant ses pattes sur son museau pour retirer la terre qui s'y était posée. Essoufflée, elle se calma enfin, haletante, tandis que ses membres cessaient de trembloter d'excitation.

« Je voulais jouer ... »

Sa mine se fit plus triste soudainement tandis que son cerveau de chaton comprenait peu à peu la pagaille qu'elle avait semé. Coeur Fleuri était épuisée, inquiète, en colère. L'idée que sa tante lui en veuille lui traversa l'esprit. Et si elle se mettait à lui en vouloir, à se dire que c'était qu'une tête brûlée inconsciente ? Elle n'allait plus dire « Petit Albatros ma nièce dont je suis fière » mais peut -être « Petit Albatros l'affreuse gamine insupportable » comme tous les autres chatons ? L'image de Petit Rafale lui traversa l'esprit. Elle refusait que Coeur Fleuri ne la voit comme Petit Rafale la voyait. Son cœur se gonfla, tandis que ses yeux étaient fixés sur quelque chose sur le sol.

« Désolée tata … Sur le coup, ça m'a paru être une très bonne idée tu sais … J'aime bien jouer, surtout avec toi. »

Elle baissa les oreilles en baissant le regard. Elle murmurait des « pardon », priant le Clan des Etoiles pour que sa tante ne la renie pas à tout jamais. Elle tenait à sa famille plus que tout au monde. Coeur Fleuri était une personne essentielle à sa vie, et elle ne supporterait pas la perdre pour une histoire de course matinale dans le camp.

« C'était pas très intelligent, mais ça me paraissait rigolo. C'était marrant un peu non ? » Elle eut un sourire mi figue mi raisin, planche posée sur ses babines. « J'ai trouvé ça un peu drôle quand même je dois t'avouer. Tu es très jolie quand tu cours. »

Elle agita les oreilles, gamins bondissant sur des trampolines. Pendouillant dans la gueule de Coeur Fleuri, elle avait conscience qu'elle était fautive et qu'elle n'avait qu'à attendre que sa tante ne la lâche. Elle croisa les pattes, couverte de honte soudainement. L'idée que tout le camp ne la voit dans cet état commençait peu à peu à l'angoisser. Elle ne voulait pas qu'on la voit dans un état de faiblesse. Petit Albatros fut traverser d'un frisson. Il fallait qu'elle s'extirpe de cette situation. Elle se mit à gigoter, grimaçant sous la douleur.

« Mais tata lâche moi s'il te plait … Tata … Puis j'ai envie vraiment de savoir comment on utilise la sauge. Ça m'intéresse vraiment. Promis c'était juste une blague, c'était rigolo ... » Des larmes commencèrent à couler sur ses joues. « Dis rien à maman, elle s'inquiétera encore et sera encore plus sur mon dos ... »

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MessageSujet: Re: marteau piqueur ; prio Coeur Fleuri   12.11.16 19:44



Les yeux de l'enfant semblaient presque déments. Elle avait adoré faire ce coup à la guérisseuse, et cette dernière se montrait franchement décontenancée. Elle riait alors que sa propre tante venait de la plaquer sans vergogne au sol. Un autre enfant aurait été au moins surpris, au pire aurait hurlé, à la limite pleuré d'incompréhension. La colère de Coeur Fleuri fut suspendue l'espace de quelques instants, le temps de se demander : mais qu'est-ce qui cloche chez elle ?

« Je voulais jouer … »

Ces quelques mots la ramenèrent à la réalité. L'enthousiasme du jeu, ce n'était donc que ça. Elle émit un discret soupir dans la nuque de la petite, toujours dans sa gueule, avant de reprendre son air sévère, et la colère surprise, bien qu'amoindrie, apparaissait toujours dans les traits de l'écaille. Ce n'était qu'un chaton, après tout. Et même si Coeur Fleuri adorait les enfants, elle n'avait pas eu l'occasion de souvent leur tenir compagnie jusqu'à la naissance de ses derniers neveu et nièces. Elle n'était donc pas tout à fait familière de ces soudains accès d'enthousiasme, qui lui paraissaient profondément incohérents et dangereux. Mais n'était-ce pas l'inconscience du danger qui caractérisait principalement cet âge ?

« Désolée tata … Sur le coup, ça m'a paru être une très bonne idée tu sais … J'aime bien jouer, surtout avec toi. »

Les traits de la guérisseuse se détendirent légèrement. Petit Albatros avait compris qu'elle avait fait peur à Cœur Fleuri, mais cette dernière commençait elle aussi à avoir des remords. Sa réaction avait-elle été trop excessive ? Cœur Vaillant s'inquiétait déjà tellement pour sa petite … Elle n'avait pas semblé vouloir quitter le campement, aussi pourquoi Cœur Fleuri avait réagi aussi brutalement ? Peut-être qu'elle aussi s'inquiétait un peu trop pour Petit Albatros, finalement …

« C'était pas très intelligent, mais ça me paraissait rigolo. C'était marrant un peu non ? J'ai trouvé ça un peu drôle quand même je dois t'avouer. Tu es très jolie quand tu cours. »

Un sourire se dessina sur les babines de l'écaille. Son atypie, plus que tout au monde, était un cadeau précieux aux yeux de Cœur Fleuri. Ses compliments pouvaient parfois sembler, au premier abord, totalement tordus. Puis, en y réfléchissant bien, la guérisseuse trouvait cela terriblement admirable. La petite percevait des détails et débusquait la beauté dans des endroits inattendus, et c'est ce qui faisait, à ses yeux, une grande partie de son charme.

« Mais tata lâche moi s'il te plait … Tata … Puis j'ai envie vraiment de savoir comment on utilise la sauge. Ça m'intéresse vraiment. Promis c'était juste une blague, c'était rigolo … Dis rien à maman, elle s'inquiétera encore et sera encore plus sur mon dos … »

Sans se presser, comme à son habitude, Cœur Fleuri déposa Petit Albatros au sol. Sans piper mot, elle regarda encore quelques instants la fautive d'un air sévère, pour la forme, puis lui afficha un grand sourire.

« Je ne dirai rien à ta maman. J'ai juste eu peur que tu t'enfuies du campement, c'est dangereux pour les chatons, dehors. Ce n'était pas si grave, désolée pour toute la scène, Petit Albatros. Je ne t'en veux pas. Mais évite de me refaire des frayeurs pareilles, d'accord ? On jouera à d'autres jeux moins … surprenants. Ménage ta vieille tante, tu risques de casser son vieux corps de guérisseuse ! »

Elle rit, avant de poursuivre sur un ton plus intimiste :

« Et merci pour le compliment, on ne m'avait jamais dit que j'étais jolie quand je courrais, ça me fait très plaisir ! »

Finalement, la guérisseuse tourna le dos à la petite dans la direction de sa tanière.

« Bon, ramasse ta sauge, on a quelque chose à terminer dans la meeeeerveilleuse antre de la meilleuuuure guérisseuse ! »


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MessageSujet: Re: marteau piqueur ; prio Coeur Fleuri   13.11.16 15:34


Elle n'était pas fâchée. Coeur Fleuri n'allait pas l'ignorer. Petit Albatros n'allait pas être morte à ses yeux. Elle allait vivre dans son cœur, se balader dans ses nerfs, habiter encore sa pensée. Elle tressaillit. Elle était contente. Ses muscles soudainement détendus, son corps décrivait une courbe. Manifestation de son bonheur, elle buvait les paroles de sa tante à l'entonnoir. Qu'elle lui parle toute sa vie, elle l'écouterait. Elle l'admirait. Elle la voulait. C'était sa tante. C'était sa tante à elle. C'était la tante à personne d'autre. Que sa sœur et son frère tentent de lui dérober, elle allait hurler et criser. Quand elle la remercia pour son compliment, son cœur ne fit que s'emballer, puis une rage l'envahit. Personne ne lui avait dit ? Jamais ? Personne n'avait jamais été sensible au charme fatigué de la femelle ? Cette réalité parut absurde pour Petit Albatros, et en une fraction de seconde, elle se trouvait prophète de sa beauté. Elle se demandait si sa condition de guérisseuse ne l'avait pas rendue immatérielle. C'était devenu un être sans consistance, sans sexe, sans physique. Cette image fit trembler la gamine. Elle voulait préserver son physique, ô combien il l'handicapait. Elle voulait préserver son essence, sa vie, sa sexualité. Elle voulait qu'on lui dise, un jour, sincèrement, qu'elle était jolie quand elle courait.

« Bon, ramasse ta sauge, on a quelque chose à terminer dans la meeeeerveilleuse antre de la meilleuuuure guérisseuse ! »


C'est avec une joie non maîtrisée qu'elle bondit à la suite de sa tante. Sa sauge était à quelques mètres d'ici. Dans sa chute, la gamine n'avait pas fait attention à la protéger. Elle la ramassa par terre avec une mine déçue. Elle était abîmée et le sentiment de culpabilité ne faisait que s'intensifier. Elle venait de ruiner les réserves de sa tante. Bien qu'elle n'avait pas encore conscience que l'hiver allait détruire les stocks de plantes et de gibiers, l'inquiétude des adultes concernant leurs ressources l'avaient atteinte. Pour des raisons inconnues, elle stressait au sujet d'éléments qui lui semblaient flous.

« Elle est toute piétinée maintenant ... »

Sa voix était faible et son mentor tremblait. Elle se forçait à garder la tête haute, ne voulait pas pleurer comme un enfant devant sa tante. Elle n'allait pas l'assumer. Elle allait se ridiculiser. Elle se trouvait suffisamment ridicule comme ça. Elle ramassa les restes de sa sauge, s'efforçant à rester digne. Se pavanant comme un paon, elle suivit Coeur Fleuri jusqu'à son antre, les oreilles basses malgré tout. Une fois arrivée, elle posa la plante sur un semblant de table. Son adrénaline étant soudainement revenue, elle bondissait sur place à l'idée d'apprendre comment s'en servir.

« Allez, maintenant on fait quoi ? On la mange ? On la malaxe ? On saute dessus ? Oh ! Je sais ! On l'écrase avec nos pattes avant et elle va libérer un jus ! »

Elle tournait en rond dans la tanière, regardant chacune des plantes. Ses yeux rosés se baladaient d'un tas de feuilles à un autre, les dévorant du regard.

« Et ceux là, ils servent à quoi ? »

N'arrivant pas à se tenir en place, elle retourna vers la sauge, regardant sa tante avec une impatience non contenue.

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MessageSujet: Re: marteau piqueur ; prio Coeur Fleuri   07.12.16 12:51


Ainsi, le problème était réglé. Cœur Fleuri se sentait toujours un peu coupable de sa réaction, mais songeait qu'on ne l'y reprendrait plus. Elle observait d'un œil distrait l'enfant se précipiter vers la sauge, abandonnée à quelques pas de là.

« Elle est toute piétinée maintenant … »

Cœur Fleuri haussa légèrement les épaules, apaisée et tranquille. Elle faisait figure de statue de géant tranquille, et ses traits exprimèrent une fatalité qui n'avait rien de dramatique. Elle continua de l'observer distraitement tandis qu'elles cheminaient jusqu'à sa tanière, et s'amusa du spectacle ambigu qu'offrait sa nièce : les oreilles basses mais la tête haute, elle avait l'air d'hésiter entre la fierté et la honte. Petit Albatros, malgré ses coups de sang, réfléchissait énormément, et Cœur Fleuri savait qu'elle retournait toujours l'événement dans sa tête. Il était temps de lui changer les idées.

La guérisseuse s'assit tranquillement dans son antre, ayant regagné son calme et son flegme habituels. Petit Albatros semblait avoir totalement oublié tout ce qu'il venait de se passer, et gigotait à nouveau dans tous les sens. Tout était finalement remis à sa place, elles pouvaient reprendre là où elles s'étaient arrêtées.

« Allez, maintenant on fait quoi ? On la mange ? On la malaxe ? On saute dessus ? Oh ! Je sais ! On l'écrase avec nos pattes avant et elle va libérer un jus ! »

On la mange ? On saute dessus ? L'écaille n'osa pas se moquer de l'interrogation, car elle était malgré tout pertinente. La façon de le dire était cocasse, mais Petit Albatros avait raison : il allait falloir aplatir les feuilles de sauge. Cependant, dans cet état d'excitation, Cœur Fleuri savait qu'elle n'était pas vraiment disposée à l'écouter.

« Et ceux là, ils servent à quoi ? »

L'albinos posait ses yeux rouges sur ses réserves de gratiole, un excellent vomitif, posé stratégiquement … devant ses poisons. La guérisseuse avait été reformer ses réserves quelques jours auparavant, car les précédentes avaient grise mine. Cela ne constituait pas un énorme stock de poison, mais assez pour tuer un chat de gabarit standard. Elle se maudit d'avoir oublié de les ranger dans sa « réserve secrète », là où elle cachait toutes les graines et baies qui servaient aux mises à mort. En attendant, elle les avait camouflés derrière un gros tas de gratiole. Celui qui intéressait Petit Albatros.

« Là-haut, c'est de la gratiole, on n'en utilise que les racines pour faire vomir, quand on n'a plus rien d'autre. Ça fait très mal au ventre en grosses quantités. N'y touche pas. »

L'écaille n'avait pas pu cacher totalement son malaise, et décida de rapidement passer à autre chose. Ce qu'elle venait de dire devait déjà nourrir l'imagination de sa nièce.

« Donc, ce cataplasme. D'abord, on va écraser les feuilles de la sauge et essayer d'en faire des morceaux les plus petits possibles. Le mieux, c'est de la réduire en poudre, mais ce serait trop long, et je sais à quel point tu es impatiente. Ensuite, on extrait le jus de la tige. Après tout ça, on devra les mélanger à de l'eau, et essayer de contenir tout ça dans un petit récipient. »

Dans des gestes précis et rapides, Cœur Fleuri sépara les feuilles à la triste mine de la tige. Ensuite, elle tendit la tige à Petit Albatros, en articulant entre ses crocs serrés :

« Je pense que ça te plaira plus que d'essayer de réduire des feuilles en poudre ! »

En espérant qu'elle ne commence pas à tout bousculer avec son énergie débordante … Et qu'elle ne pose pas trop de questions sur la gratiole.

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MessageSujet: Re: marteau piqueur ; prio Coeur Fleuri   12.12.16 22:10

L'antre de sa tante ressemblait à ces châteaux qui font rêver les enfants. Sur les murs, sur les côtés, le sol et les recoins étaient remplis de mystérieuses plantes aux vertus inconnues. Y avait quelque chose de mystique ici, et même les plus athées ressentiraient des ondes envoûtantes. Les yeux rosés de l'albinos se baladèrent d'un étage à un autre, tandis que ses interrogations se bousculaient dans sa bouche. Un sourire apparut sur son visage quand sa tante ouvrit la bouche. Quelque chose pour faire vomir ? Son imagination fertile délivraient fleurs odorantes et ronces acérées. Elle pouvait aider autrui, un chaton ayant avalé une baie empoisonnée. Elle pouvait humilier Souffle du Loup et le mettre six pieds sous terre dans l'estime du Clan. C'était une plante pleine de ressources, et à plusieurs facettes. Les yeux de la gamine s'illuminèrent à son nom. Gratiole. C'était un nom hideux, tout comme elle. Elle deviendrait une gratiole, semeuse d'humiliation et de soin. Sa merci du moment sera redouté dans tout Cerfblanc. Elle eut envie d'épouser la gratiole, avec ses fonctionnalités et ses travers. Le cœur battant, elle continuait à la fixer, un sourire aux lèvres.

« Donc, ce cataplasme. D'abord, on va écraser les feuilles de la sauge et essayer d'en faire des morceaux les plus petits possibles. Le mieux, c'est de la réduire en poudre, mais ce serait trop long, et je sais à quel point tu es impatiente. Ensuite, on extrait le jus de la tige. Après tout ça, on devra les mélanger à de l'eau, et essayer de contenir tout ça dans un petit récipient. »

Au diable le cataplasme, elle était devenue une plante et c'était l'essentiel. Elle jetait son dévolu sur les ignorés et non pas sur la sauge. Elle avait assassiné la sauge, l'avait aplati au sol. Ses sourcils se froncèrent. Ce cataplasme avait une utilité limitée, de plus. Elle ne savait pas ce qu'il faisait, elle ne pouvait rien en faire. Il était inutile, tandis que la gratiole avait mille et une utilités. Sans prêter attention à Coeur Fleuri, un sourire carnassier s'étirait sur son mince visage.

« Tu m'étonnes qu'on n'embête pas ma tata ... »

Avec ses plantes, elle avait certainement de quoi rendre malade tout le Clan. Elle était la pierre angulaire du Vent. Cette remarque la remplit d'autant plus de joie. Si Coeur Fleuri venait à manquer, son clan serait à la dérive. Avec une moue pleine d'interrogation, elle se tourna vers sa tante, un sourire habituel aux lèvres.

« Tu utilises souvent de la gratiole ? Je veux dire … Elle est fascinante comme plante, elle a tellement d'utilisations ! On peut soigner les gentils avec, faire vomir les méchants … Tu ne peux pas m'apprendre à l'utiliser ? Le cataplasme je sais pas à quoi il sert, il m'intéresse pas. La gratiole, en revanche … Son utilisation me paraît très très cool ! »

Les yeux illuminés, elle attendait comme une croyante le signe d'approbation de son messie. Le cœur battant, elle fixait la gratiole comme une fanatique devant son dieu.

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MessageSujet: Re: marteau piqueur ; prio Coeur Fleuri   05.02.17 12:28


Cœur Fleuri sentit que l'attention de Petit Albatros était tout sauf concentrée sur son cataplasme. L'écaille songea qu'elle avait vraiment été idiote. Forcément, l'albinos allait être intéressée par la gratiole. Elle était attirée par tout ce qu'on ne disait pas, tout ce qui était sombre et caché. Elle semblait avoir une attirance étrange pour les éternels ignorés, pour les rejetés ou les mal lunés. Un sourire étrange naquit sur les lèvres du chaton. La guérisseuse soupira bruyamment.

« Tu m'étonnes qu'on n'embête pas ma tata ... »

Ses fascinations obscures étaient toujours dures à déchiffrer. On ne savait pas si, l'instant d'après, elle allait se désintéresser, ou si elle nourrissait réellement là une nouvelle passion.

« Tu utilises souvent de la gratiole ? Je veux dire … Elle est fascinante comme plante, elle a tellement d'utilisations ! On peut soigner les gentils avec, faire vomir les méchants … Tu ne peux pas m'apprendre à l'utiliser ? Le cataplasme je sais pas à quoi il sert, il m'intéresse pas. La gratiole, en revanche … Son utilisation me paraît très très cool !
- Non, je ne veux pas t'apprendre à l'utiliser. »

La réponse tomba d'une manière plus abrupte qu'elle ne l'aurait désiré. Quelques fois, Petit Albatros avait le don de lui taper sur les nerfs. Elle n'écoutait pas. Elle n'était pas là. Elle était intéressée par ce qui ne devrait pas autant capter son attention.

« On doit rarement faire vomir les méchants. Les guérisseurs sont là pour soigner, Petit Albatros, pas pour se venger de leurs ennemis en utilisant de la gratiole. »

Oui, mais Petit Albatros ne sera pas guérisseuse, murmura une voix dans la tête de Cœur Fleuri. C'était vrai. C'était de plus en plus vrai. Mais elle espérait toujours un revirement de situation. Elle espérait que Petit Albatros se désintéresse de la guerre, des combats, de l'amour, qu'elle la rejoigne, à l'abri, sans risques pour elle, elle espérait qu'elle détourne ses yeux de la gratiole, qu'elle se mette à réaliser ce cataplasme avec passion … Mais ce n'était pas elle. Petit Albatros ne rentrerait jamais dans les lignes du scénario que l'écaille avait imaginé pour elle. Elle était un électron libre. Un petit soleil. Un rayon de lumière qu'on ne pouvait pas enfermer. Une boule de feu qui brûlait de vie et d'énergie. Une boule de feu qui s'éteindrait si elle était enfermée dans un rôle d'apprentie-guérisseuse, à ses côtés.

Elle soupira. Il était temps qu'elle prenne un peu congé de la boule de poils, toute cette agitation et ces questions existentielles la fatiguaient, et elle avait du travail.

« Bon, mon petit cœur, tata Fleurette va devoir faire quelques cataplasmes encore plus ennuyeux que ceux pour les foulures, et elle a besoin d'espace et de calme. Tu veux bien retourner près de ta maman et de ton frère ? Fais-leur des bisous et des câlins de ma part, c'est ta mission ! Je t'aime fort. »

Cœur Fleuri lécha le front du chaton et lui lança un sourire tendre pour l'encourager à rejoindre sa fratrie. Ah ! Si seulement le Clan des Étoiles consentait à me la confier … songea-t-elle en soupirant de nouveau, tandis qu'elle retournait à ses occupations de guérisseuse.

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Cœur Fleuri se moque de vous en #cccc99


Fleurette again :
 

Je ne vois pas les rageux :
 
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