THE PROPHETIES BEGIN

Thème III - L'intégration

 
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 Salt the fucking earth ▲ pv Alby - end

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MessageSujet: Salt the fucking earth ▲ pv Alby - end   29.12.16 12:58

Salt the fucking earth
Toucan & Nuage d’Albatros
Sale la terre de tes larmes.
.

Le soleil s’était couché sur la forêt, mais les lampadaires de la Ville, sa terre natale, étaient autant de trouées de lumières dans la nuit d’encre. C’était précisément dans ce nouveau décor que Toucan avait donné rendez-vous à Nuage d’Albatros. Les sentiments du galet à l’égard de la gamine étaient ambivalents : d’une part, elle le dégoutait toujours un peu, avec sa sale tête de craie et ses prunelles sanglantes, et jamais il n’irait s’accoupler avec elle ; mais d’une autre part, il l’aimait bien au fond, il aimait son goût du combat, du sang, de l’adrénaline – cette volonté tranchante et pugnace qui la poussait toujours plus loin. Au fond, elle était comme un petit lui, mais en blanc. Et en plus laid.

Il faisait des ronds sous un puits vomissant sa lumière jaunâtre. En haut du lampadaire, des petits insectes s’étaient agglutiné. Le bourdonnement des lucioles venaient troubler le silence urbain, et habiter l’attente. Alby était en retard.

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MessageSujet: Re: Salt the fucking earth ▲ pv Alby - end   07.01.17 1:38

headstone, angel du$t

Pendant tout le trajet, une phrase tambourinait dans son crâne de gamine. C'était quoi cette idée de merde putain ? Qu'est – ce que branlait Toucan ? La Ville ? L'idée même de mettre les pattes dans un lieu aussi sinistre la remplissait de dégoût. Le temple des Bipèdes était reconnu pour sa popularité peu recommandable, ses effluves écœurantes et ses lumières artificielles. Elle préférait voir le noir plutôt que s'aveugler de faux. Son chemin fut étrange. Elle était baignée dans l'incompréhension, l'appréhension et l'excitation. Bien qu'elle méprisait ouvertement les territoires Bipèdes, l'inconnu et l'interdit agissaient comme des cocktails molotov dans son cœur, faisant boum boum dans ses pattes et tic tic dans sa tête. Elle aurait néanmoins préférer des combats épiques aux Falaises, comme à la dernière fois. Quel dommage, c'était à lui de proposer un lieu de rendez vous. Quel dommage, il souhaitait une amitié égalitaire. Quel dommage pour l'albinos.

Tandis que le soleil se couchait, elle soupira et accéléra le pas. Toucan lui avait donné rendez vous à la limite entre le passage du soleil à la lune. La lune était bien installée, et il semblait qu'elle était plus en retard que prévu. Il le méritait, pensait – elle. Elle souffrait encore de son épaule, elle mettra ça sur le dos de cette blessure. Il culpabilisera. Il apprendra à se battre mais à savoir où était la limite du correct avec son apprentie. Elle avait songé arrêter l'entraînement, quand elle avait comprit que les blessures infligées allaient la fragiliser peu à peu. Elle souhaitait s'endurcir, mais ses chaires devenaient de plus en plus vulnérables à force de forcer dessus. Pour une raison inconnue, elle ne pouvait se résoudre à abandonner, fuir et faire la mort pendant des morts en espérant que Toucan oublie son existence de delirium tremens. C'était le seul qui croyait en elle, à vrai dire. Elle ne voyait pas de pitié dans son regard. Elle était l'égale de tous les autres. Elle n'avait pas de traitement de valeur. Elle était normale à ses yeux, et ils se battaient comme de véritables guerriers, et non avec des frappes fébriles de peur de briser la gamine. C'était certainement ce point qui empêchait Nuage d'Albatros d'abandonner le navire et de fuir. Elle se sentait importante et unique. Elle était son alter égo, et un sourire se peignait sur son visage. Elle allait devenir comme lui, aussi fourbe au combat. Avec la technique du Vent et les tricheries solitaires, elle ne pouvait devenir qu'une grande guerrière. Gonflée à bloc, elle sautillait dans la nuit, passant des pavés de maison qui brillaient de mille feux. Elle aurait pu trouver les étoiles artificielles jolies sur la sale gueule des Bipèdes ne se pointaient pas aux fenêtres.

Elle le trouva après des tours dans le vide. Elle redoutait son air impatient, ses critiques acerbes. Elle leva les yeux au ciel en arrivant et soupira.

« La prochaine fois je te donnerais rendez vous à un arbre X dans la forêt, tu verras c'est aussi marrant que de rechercher un lampadaire anodin, pendant des heures. »

La lassitude adolescente passée, un sourire se peignait sur son visage et elle se retourna vers Toucan. 

« Je suis en retard, je sais. Mon épaule m'a ralenti. » Ses yeux fixèrent les moustaches du matou. « Je suis contente de te revoir. C'est con. »

Elle jeta le-dit membre en avant, le mettant en évidence. Elle paraissait gamine à se plaindre pour des actes quémandés. Nuage d'Albatros resterait – elle enfant toute sa vie ?

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MessageSujet: Re: Salt the fucking earth ▲ pv Alby - end   16.01.17 19:24

desire
Years & Years ft. Tove Lo

Un petit bruit étouffé se rapprochait pas à peu de lui, comme si des frappes de plumes traversaient peu à peu l’obscurité, jusqu’à lui. C’était l’albatros, à peu cahin-caha, qui s’avançait vers lui, dans la lumière du réverbère. Sous cet éclairage blafarde, elle paraissait plus laide que d’habitude, ses yeux rouges se détachaient bien trop de son corps blanc, qui se fondait dans les plaques de neiges qui jonchaient de part et d’autres la ruelle dans laquelle il se trouvait. Il frissonna, un peu de froid, un peu de dégout. Décidément, il ne se faisait pas à la tête de la petite albatros. Si elle avait été sa fille – ce qui n’était pas si impossible au regard de leurs 15 lunes d’écart – il l’aurait abandonnée. Il l’aurait laissé à sa mère et serait parti, sans jamais se retourner.

« La prochaine fois je te donnerais rendez vous à un arbre X dans la forêt, tu verras c'est aus­si marrant que de rechercher un lampadaire anodin, pendant des heures. Je suis en retard, je sais. Mon épaule m'a ralenti. »


Elle commençait par se plaindre. Nuage de Jérémiades lui allait comme un gant. Enfin, que jeunesse se fasse. Au fond, elle n’était qu’une gamine, une gamine qui lui demandait de l’attention, qui lui demandait du sang, qui lui demandait d’une certaine manière de l’amour. Elle faisait la timide, elle fixait ses moustaches et non ses yeux. C’était mignon, d’une certaine manière. Si il n’était pas si monstrueuse, ils auraient déjà franchi les limites de la décence, et cette troisième rencontre ne serait pas chaste – le détournement de mineur(e)s était un concept que Toucan était bien loin d’appréhender, et même s’il le pouvait, il n’en aurait pas grand-chose à foutre – mais, toujours comme une lame de fond, les prunelles baveuses de la gamine suffisait à lui glacer le sang et soulever l’estomac.

« Je suis contente de te revoir. C'est con. »


D’accord, il le reconnaissait, pour une fois, elle était mignonne. Il l’avait dit. Enfin, pensé. Cela le surprit. Il grimaça, comme une réponse, et vient lui lécher l’oreille gauche.

« Tu m’as pas manqué toi, putain. »


Elle devait avoir l’habitude de ses antiphrases, il l’avait accueillie de même aux Grandes Pierres. À elle de ne pas retomber dans le même piège.

« Bon, le monstre, au taf. C’est facile. Ce soir, je t’apprends le combat de rue. Je suis sûr que tu peux le transposer dans la forêt, par exemple en utilisant les arbres hauts ou les tanières de lapins pour se cacher. Tu vois le plan, là : un lampadaire qui nous éclaire de sa lumière sale, trois poubelles au fond, dans le cul-de-sac. Si j’ai choisi cette ruelle, c’est car elle est très étroite. Par là où tu es venue, tu t’en es rendue compte, elle forme comme un boyau d’environ 70 centimètres de large. Voilà l’idée : je me place là-bas. C’est la seule sortie. Ton rôle, c’est de passer à travers moi pour retourner dans ta petite vie bien rangée de Clanique. Si tu peux passer, tu gagnes, tu peux me demander ce que tu veux – dans la limite du raisonnable, hein, gamine. Si je te bloque, c’est moi qui gagne, et tu verras bien ce qui t’arrivera. On commence dès que t’es prête. On s’arrête quand j’en ai marre. »


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MessageSujet: Re: Salt the fucking earth ▲ pv Alby - end   19.01.17 21:55

special needs, placebo

A défaut d'être sécuritaire, l'idée lui parut au moins intéressante. Toucan avait eu l'art et la manière d'attiser chez la gamine une envie de se surpasser. Il gonflait son égo avec ses phrases à double sens, auxquelles Nuage d'Albatros croyaient encore aveuglement. La haïssait – il ? Elle ne s'y ferait certainement jamais. C'était peut – être pour cette raison précisément que le solitaire lui parlait ainsi. Il savait qu'il pouvait la modeler ainsi, à jouer d'ambiguïté dans ses mots. Elle allait toujours comprendre le sens premier d'une expression, là où il pourrait jouer sur les mots et constamment les retourner contre elle. Le contact du solitaire perturba la gamine. Ses sourcils se froncèrent. Elle ne savait pas si cette marque d'affection la dégoûtait ou l'enchantait. A la fois, elle se souvenait que Toucan n'était pas tendre avec elle. Leur relation était basée sur la violence, le goût du combat et la modélisation de l'albinos. Elle s'étonnait de ce soudain élan d'affection. C'était pas son genre.

Rien n'était son genre.

Toucan obéissait à ses propres lois, était un électron libre. Il pouvait l'humilier, l'aimer, la traîner à terre et la câliner. Elle éprouvait d'autant plus un dégoût pour le solitaire, qu'elle trouvait beaucoup trop imprévisible pour être sympathique. Il l'effrayait. Non. Il la fascinait, au sens premier du terme. Elle éprouvait attirance et il la répugnait. C'était très étrange. Beaucoup trop étrange à son goût. Son mentor expliqua la mission du jour. Elle allait être un vulgaire rat au fond d'un cul de sac, se débattant pour partir. Présentée ainsi, l'idée paraissait peu séduisante. Elle eut l'envie de gueuler que c'était de la merde, et que de toute manière ça allait mal finir. Il restait flou sur son châtiment, et refusait de perdre son épaule pour cette fois. Elle ne le laisserait pas une fois prendre le dessus. Elle voulait prendre la main sur l'adulte. Un sourire se peignait sur son visage.
Il allait voir. Ce salaud.

« Je t'ai connu plus inventif on va dire. Si tu voulais jouer au rat, y avait des bons coins dans la forêt. Avec l'odeur dégueulasse en moins. » Râler semblait être quelque chose de vital pour la gamine. « Mais j'accepte. A défaut d'avoir une meilleure idée. C'est toi le mentor, après tout. »

Il fallait donc inventer le châtiment de Toucan. Allait – elle le ridiculiser ? Elle s'imaginait lui donner un gage stupide, celui de risquer sa peau dans un clan. Ses pupilles s'illuminèrent. Elle avait la possibilité de créer un chaos entre les Clans. Elle pouvait lui demander de faire du transport de proies d'un territoire à un autre. Personne ne le saurait jamais. Elle allait créer le chaos et s'en délecter. Elle n'aimait pas la guerre. Elle aimait l'énergie qui s'en dégageait. Elle admirait les moyens qu'un chat pouvait déployer pour sa survie et celle de son clan. On lui racontait de vieux récits de guerre. Ils étaient mornes. Si elle pouvait être narratrice, elle y ajouterait l'important.
L'important, c'était les cœurs battants. L'important, c'était les pattes tremblantes. Le mieux, c'était les mouvements continus de requins. Elle se foutait du sang, des coups. Ils étaient superficiels. Le ressenti, là. Dans le ressenti se tenait la clef d'une bonne guerre. Dans l'adrénaline était la source d'un bonheur. Dans le défi et le challenge étaient la raison de vivre.

Elle allait donner une raison de vivre à tous.

« Si tu perds, tu vas foutre le chaos, mon grand. »

Un haussement de sourcil vint ponctuer sa phrase, tandis que son sourire s'étirait sur sa joue en grand écart. Elle alla se placer dans le cul de sac et banda les muscles. Elle devait lui foncer suffisamment dedans pour passer. Elle devait l'expulser. Elle réfléchit. Elle pouvait y aller en bourrin, tentant de courir suffisamment vite pour le faire reculer.
Cette ridicule technique lui parut bonne.

Elle baissa la tête, dévoilant son crâne bordé par ses deux petites oreilles et racla le sol de sa patte avant. Comme un taureau, elle fonça tête baissée vers Toucan, espérant le percuter suffisamment fort qu'il dégage. Elle ne se doutait pas qu'elle allait devoir redoubler d'efforts pour passer.

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MessageSujet: Re: Salt the fucking earth ▲ pv Alby - end   30.01.17 22:24

stress
Justice

« foutre le chaos »

C’est bien un truc de gamin ça. Concept de merde de romantisme adulescent pathétique. Comme si lui, Toucan, avait besoin de « foutre la merde » pour se faire remarquer. Pour se faire aimer, détester, aduler, pour exister. Alors oui, en effet, le combat, le sang qui gicle, le bordel ambulant, c’est plaisant, c’est grisant. Il aime ça, il ne peut pas le nier. C’est son adrénaline, sa came. Mais un but ? Non, pas vraiment. Il préfère se dire qu’il a comme mission quasi divine de s’accoupler avec toutes les femelles qui croisent son chemin, pour parsemer le monde de ses rejetons – et avec tous les mâles, car c’est pas plus mal. Toucan n’était pas avare de son corps. Mais au fond, et il se le cachait, au fond, il n’avait envie de rien.

there's a hole, in your soul, that we feel with dope
and we’re feeling fine

Un grand creux dans le cœur, qu’il essayait de combler comme il le pouvait. Le sexe, le sang, maintenant un peu les Étoiles. Quand il aurait épuisé ces sources de distractions, il n’aura plus qu’à se foutre en l’air, pour la dernière fois.

« C’est ça gamine, c’est ça... » grimaça-t-il.

Alby avait l’air fière d’elle, qui plus est. Elle trottina jusqu’au fond de l’impasse, sac d’os blanchi à la chaux. Puis elle se mit à courir, droit sur lui, à tout allure. Il pouvait presque voir la bave lui sortir de la gueule. Alors qu’elle fonçait tête baissée, il se décala un peu sur la gauche, attendant qu’elle passe à côté de lui, avec la patience d’un vieil arbre. Elle se rapprochait. Elle allait le dépasser. Il lui décocha alors un coup des deux pattes arrière, une dans le flanc, l’autre dans la tête. Comme une poupée de chiffon rejetée par un enfant capricieux, elle était faite de laine, et alla mollement s’écraser contre le mur à droite de Toucan. Bruit de poubelles qui s’entrechoquent. Elle avait échoué.

« Ding ding. Perdu. »


Il se rassit au bout de l’impasse, et se passa la patte derrière l’oreille.

« Maintenant, avant d’échouer de nouveau, tu vas me décrire ta famille. »

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MessageSujet: Re: Salt the fucking earth ▲ pv Alby - end   30.01.17 23:34

flamingo, infected mushroom

Le bruit des poubelles tombant sur sa vaste grimace lui fit l'effet d'une bombe. Elle demeurait un petit moment sous les décombres, à crachoter. Elle avait la conviction que l'époque calme de Toucan était révolue. Plus jamais il n'allait retenir ses coups. Elle songeait. Pourquoi ce brusque changement ? Son corps se métamorphosait. Bientôt, ses hanches s'élargissaient légèrement, sa croupe était plus marquée. Dans tous ses moments, elle était telle une femme mécanique mal huilée. On lui avait dit qu'elle ne vivrait pas longtemps. Apprentie, elle craignait d'être ancienne. Elle aurait pu rester un moment, là, dans les poubelles, attendant que la honte la ronge. Elle aurait pu patienter que Toucan se lasse, lui foute la paix. Elle aurait pu partir dans Cerfblanc, la lâcheté la suivant. Cette perspective de vie ne lui plaisait pas. Toucan pouvait se bidonner comme un beau diable devant sa victoire, il n'allait pas gagner. Elle serra les dents. Il se voyait vainqueur, mais Nuage d'Albatros refusait sa défaite. Ils étaient contraires. Le problème de leur relation, c'était que chacun voulait la même chose. Ils voulaient le sentiment de fierté, de joie grâce à cette victoire.

Tremblante, elle se dégageait lentement. Elle utilisait sa tête pour retirer les sacs qui lui étaient tombés dessus et crachait de dégoût. Elle avait une bonne raison pour refuser de perdre. Elle devait lui parler de sa famille. C'était hors de question. La gamine ignorait s'il avait déjà croisé des personnes apparentées. Elle s'en fichait bien. Elle n'espérait pas. Elle savait d'avance leurs avis sur le damoiseau. Ils allaient gueuler comme des ignares qu'il était trop violent et qu'il la mènerait à sa perte. A les écouter, tout la menait à sa perte. Elle était arrivée à un point où elle se berçait seule dans une insouciance enfantine. Le problème, c'était que Nuage d'Albatros n'était plus une gamine. Elle était presque guerrière, et la violence de Toucan était croissante comme son âge. Pourquoi se retenir sur une presque-guerrière ? Il était pour l'égalité, elle était pour les privilèges. C'était fâcheux.

Une idée lui traversa soudainement la tête. Elle était dans une phase où seule elle savait que le jeu n'était pas fini. Elle pouvait le tromper, user de la ruse qu'il lui enseignait. Elle pouvait jouer la blessée, hurler à la mort, il s'en ficherait puis la laisserait passer, par manque d'attention. Elle le jugeait sympathique, mais elle espérait qu'il marcherait dans la combine. Si elle désirait son shoot de désastre, elle se devait de le combattre. Lui avouer des choses sur sa famille serait inconcevable. Elle était son apprentie. Elle se devait être forte. Elle vendrait femmes et enfants pour garder cette illusion. Rampante comme un vulgaire ver, elle se traînait jusqu'à lui, commençant des semblants de phrases d'une voix faussement rauque et vulgairement ridicule. Toucan n'était pas stupide, malheureusement. Sa patte avant dépassait sa patte arrière. Son cœur s'accélérait et ses pupilles se dilataient sous l'adrénaline. Un choc crânien lui fit reprendre conscience de la réalité. Sonnée, elle se sentit dégagée au fond de l'impasse.

Mince. C'était pénible, les échecs.

« Pourquoi t'y tiens tant ? Qu'est – ce que tu peux en avoir à foutre d'ailleurs ? Qui sait, je suis peut – être une mystérieuse orpheline qui a vécu une histoire tragique. T'as vraiment pas de tact comme type. »

Elle fut tentée de lui mentir. Nuage d'Albatros s'abstiendra. Elle l'aurait dégommé s'il avait tenté de la trahir. Elle tenait trop à sa vie pour tenter la tromperie. Elle plissa les yeux, cherchant une quelconque brèche. La vitesse ne fonctionnait pas avec Toucan, il utiliserait son élan pour l'envoyer valser toujours plus loin. Elle soupirait doucement. La ruse ne fonctionnait plus, il la connaissait. C'était un fin analyste, visiblement. (visblement, visiblement). Elle n'avait qu'une seule solution, et cette dernière l'envoyait dans un début de bataille complexe : la bagarre et le combat au corps à corps. Il fallait utiliser les mouvements de son mentor, l'anticiper et anticiper ses anticipations. A partir de deux éléments, le cerveau de la gamine surchauffait. Il était habitué à la voir comme une chatonne bête et stupide, bourine sans charisme. Une simple anticipation pourrait déstabiliser son adversaire et lui donner l'avantage du premier coup.
C'était franchement tentant et faisable.

Elle émit un long grondement de rage. Raclant le sol, elle se mit à foncer comme une dératée, prête à refaire son erreur. Non. Elle s'était opérée le crâne pour faire le plein de bonnes idées, et la meilleure était de stopper net avant d'arriver face à Toucan. Alors que ce dernier semblait lassé du comportement puérile de la gamine, prêt à asséner la ruade finale qui l'enverrait côtoyer le Clan des Etoiles prématurément, elle stoppa net sa course avant d'arriver devant ses pattes. L'autre était dans une position instable, pattes arrières en l'air avec seulement ses pattes avants pour le retenir. Une étincelle apparut dans son regard, un sourire vint agrémenter le tout, laissant se dévoiler ses crocs. Elle en profita pour faucher les pattes avant de l'autre et l'envoyer au sol. Lancée dans le combat, elle en oublia son but principal : rejoindre le bout de l'impasse. Griffes sorties, elle les planta dans le flanc de Toucan avec un rire.

« Ça m'avait manqué, ça aussi. »

Elle riait aux éclats, ignorant qu'un coup suffirait à la clouer au sol. Elle était pédante, sûre d'elle sur cette position. Elle n'était qu'un vulgaire albatros ridicule.

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MessageSujet: Re: Salt the fucking earth ▲ pv Alby - end   06.02.17 23:16

hypnotize
System Of A Down

Elle tentait.
Elle rampait.
Elle rusait.
Elle perdait.

La rage lui emplit la bouche et les yeux, et elle se trouva dans l’obligation physiologique de cracher un peu de sa colère serpentine. Elle n’était encore qu’une enfant, même si son corps avait bien changé depuis leur première rencontre dans le moulin, et avait besoin de sortir sa frustration par tous les moyens – cris, pleurs, sang.

« Pourquoi t'y tiens tant ? Qu'est – ce que tu peux en avoir à foutre d'ailleurs ? Qui sait, je suis peut – être une mystérieuse orpheline qui a vécu une histoire tragique. T'as vraiment pas de tact comme type. »

Il réfléchit un instant. Non pas qu’il soit désolé de l’avoir blessé, mais pouvait-elle en effet être orpheline ? Il secoua la tête, non, impossible, avec ses gènes pourris de gamine passé à la machine à laver, si elle n’avait pas une petit famille pour s’occuper d’elle, elle serait déjà morte. Toucan ne connaissait pas exactement l’organisation des Clans, mais il se figurait que si un clan devait abriter une gamine si faible de constitution et sans parents, il risquait bien d’arriver malheur à tel chaton. Les accidents étaient vite arrivés.

« Mais je m’intéresse à toi, ma chatte, tu devrais en être honorée. »


Elle recommença à charger, encore une fois. Il se remit en position. Bizarre, il la savait bête – assez pour le croire quand il lui promettait monts et merveilles - mais pas à ce point. Elle arriva à toute allure sur ses petites pattes blanches, ses pattes qui n’étaient ni de chair ni d’os, mais faites de laine, de coton bien tendre, pour qu’on ne les pût en­tendre. Il lança ses pattes postérieures dans la nuit des lampadaires, et tapa dans le vide. Elle l’avait eu. Il tourna la tête pour la voir à l’arrêt, avant de se faire faucher les pattes par ses muscles blanchis. La tête dans la poussière, il sentit les griffes du Delirium dans son flanc – encore une fois. Et puis son rire, son rire à casser les glaces, à noircir les tableaux.

« Ça m'avait manqué, ça aussi. »


Il grimaçait, son visage était tordu, tordu comme son corps en souffrance, comme une pieta italienne, comme son âme vide, comme ses idées salaces. Elle était au dessus de lui, le sourire aux lèvres. Fière, arrogante, stupide, son double en blanc et rouge. Elle était presque belle, avec la bave lui sortant en petites gouttelettes de la gueule, les yeux luisants et le rire dément. Presque. Il se figura qu’un peu de saleté masquerait sa laideur si caractéristique, et pour ce faire, se redressant un peu du sol crasseux de la ruelle, il vient lui mettre un uppercut de la tête dans la gorge, ce qui coupa le souffle de la jeune chatte.

Tandis qu’elle reprenait ses esprits, il se releva complétement, et l’envoya bouler un peu plus loin, frappant, griffes sorties, dans son arrière-train.

« Ce qu’il me manque Alby, ce sont des réponses. Fais moi ce plaisir très chère, tu sais comme je m’ennuie sans toi... »

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MessageSujet: Re: Salt the fucking earth ▲ pv Alby - end   12.02.17 23:06


Sa victoire fut courte. Sa déception fut douloureuse. Elle était certaine d'avoir le dessus. Son sang était éloquent, et elle commençait à ressentir de l'adrénaline. C'était sans compter sur Toucan, rabat-joie professionnel, qui désirait d'envoyer valser son corps et ses rêves d'un coup de patte. Elle fut éjectée à quelques mètres et mangeait le sol, une seconde fois. Nuage d'Alcidés la soignerait. Il était habitué. Il n'était pas du genre à faire des remarques. C'était l'avantage, il ne parlerait pas. Il ne dirait pas au Clan qu'elle venait souvent avec des bleus au corps et au cœur. C'était plus simple pour tout le monde. Elle avait conscience de se livrer à un jeu dangereux avec un solitaire. Si Etoile de Sable l'apprenait, elle serait monstre de déception. Nuage d'Albatros deviendrait l'archétype de la honte, et objet de mépris. Elle tremblotait à cette idée. C'était une violente, modérée dans les conséquences. Non contente de lui avoir fait mal, Toucan la frappa une nouvelle fois dans l'arrière train, détruisant ses tentatives de se lever. Elle grogna, crocs sortis en soupirant. Il était incroyablement chiant quand il faisait ça. Elle rêvait du jour où elle le battrait. Elle allait cracher sur son corps, elle allait danser autour, elle allait photographier son image affaiblie dans ses rétines, pour les garder à vie. Pour cela, elle se devait de travailler, encore et encore. Se redressant doucement, elle serra les dents pour éviter de couiner bêtement. Elle avait mal, et elle ne s'étonnerait pas de mettre cette douleur sur le dos de leurs batailles incessantes. Ses os devaient devenir de plus en plus fragiles. Elle ne leur laissait pas le temps de se réparer.

« Ce qu’il me manque Alby, ce sont des réponses. Fais moi ce plaisir très chère, tu sais comme je m’ennuie sans toi... »


Elle se retourna. Oh, il s'ennuyait sans elle. Elle se surprit de rougir doucement et de sentir un sourire s'esquisser sur ses lèvres. Il s'ennuyait sans elle. Elle était plus importante que ce sale chaton noir qu'elle avait exterminé. Elle était plus importante que quiconque. Elle était sa distraction. C'était fantastique. Des réponses ? Qu'est – ce qu'elle lui sortirait ? Pourquoi voulait – il connaître sa vie ? Et s'il s'intéressait réellement à son cas ?

Comment elle pouvait en douter ? Bien sûr qu'il s'intéressait à elle. Elle était ce qu'il avait de plus intéressant. Trash ne lui arrivait pas à la cheville, et elle était certaine qu'elle lui convenait plus que toutes les femelles de Cerfblanc. Du moins, c'est ce qu'elle pensait. Elle se pensait irremplaçable. Elle avait terriblement tort.

« Ma famille ? Je vois pas pourquoi ça t'intéresse autant … Si t'as envie après, je peux te raconter ma vie un peu. Je te préviens, mon grand, ça va être aussi chiant que le Chemin du Tonnerre la nuit. »

Elle s'assit en face de lui, tournant les idées dans sa tête. Elle voulait paraître forte, ne pas se plaindre pour rien. De la part d'Alby, la plainte était une religion, une base. Elle allait forcément se plaindre, un moment ou un autre. Elle allait parler de sa mère, probablement. Elle avait une relation trop particulière avec elle, pour ne pas en parler. Nuage d'Alcidés, aussi, et Coeur Fleuri. C'était les guérisseurs. C'était normal.

« T'es bizarre, mais si t'y tiens … Ma mère c'est Coeur Vaillant, une rouquine. Elle paraît assez dure, mais elle est surtout surprotectrice. Elle a peur qu'on crève, avec Nuage d'Alcidés, mon frère. Surtout pour moi, je pense. Elle a peur que mon albinisme me pousse à la perte, c'est naïf de sa part, aha … Nuage d'Alcidés, mon frère, est apprenti-guérisseur. En gros, il peut communiquer avec le Clan des Etoiles et il soigne les gens. Par contre, il est tellement voué à sa cause qu'il a pas le droit d'avoir une compagne. Ma tante, Coeur Fleuri, est son mentor et la guérisseuse. Elle est géniale, très mignonne. C'est elle qui s'occupait de nous quand on était petits. Après, y a mon papa, Force de l'Ours, mais il est moins présent dans la famille. A côté de Coeur Vaillant, faut savoir l'ouvrir aussi … Coeur Givré, c'est une guerrière, c'est ma grande sœur. Elle est albinos aussi, et elle reste plus qu'au camp en utilisant des excuses bidons. Elle est géniale et super drôle ! En plus, c'est une sacrée guerrière, du genre sac de nerfs, elle me fait rêver, j'aimerais être comme ça plus tard ! »


Elle marqua une pause dans son discours. Elle ne voyait pas quoi dire d'autre.

« Bref, si t'as envie de savoir autre chose après … Et toi, ta famille ? »

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MessageSujet: Re: Salt the fucking earth ▲ pv Alby - end   27.02.17 19:07

des fleurs
Salut c'est cool

Elle était en train de rougir. C'était assez perturbant - et franchement laid. Ce rouge au milieu de ce visage laiteux, c'était trop. Qu'elle le crache, qu'elle le saigne, oui, mais qu'elle l'étale sur ses joues, non. C'était trop étrange. Il était mal à l'aise.

Mal à l'aise mais curieux.

« Ma famille ? Je vois pas pourquoi ça t'intéresse autant … Si t'as envie après, je peux te raconter ma vie un peu. Je te préviens, mon grand, ça va être aussi chiant que le Chemin du Tonnerre la nuit. »

En face de lui, elle lui déballait sa vie, sa mère sur-protectrice, son frère condamné à l'abstinence. Pauvre gamin, vierge à vie, c'est pas une vie ça. Il repensa à son frère à lui, et à sa sœur. Eux aussi n'avait pas pu profiter de leur jeunesse, et ne profiteraient jamais de la vie. Parfois, il se demandait pourquoi il avait survécu et pas eux, et sentait comme autour de lui ces deux poids morts le fixer de leur regard aveugle, leurs paupières boursoufflées par la noyade. Il trainait deux avortons avec lui, et souhaitait les remplacer par des chatons vivants. Elle. Trash.

« ... tante, Coeur Fleuri...»

Il dressa l'oreille. alors comme ça, elle était la nièce de Fleurette. Il sourit dans ses moustaches. Jamais il n'aurait pu le deviner. La guérisseuse était si normale face à la difformité de Nuage d'Albatros. Il se demanda si son "papa" était blanchâtre comme elle et sa sœur. Elle avait une grande famille. Il était un peu jaloux.

« Bref, si t'as envie de savoir autre chose après … Et toi, ta famille ? »

Il eut ce rire sardonique typique chez Verlaine, et se passa la patte sur l'oreille. « Oh, tu sais, ma famille c'est deux vieux dans une baraque de Bipèdes et deux noyés qui sont sans doute décomposés à l'heure qu'il est. Mais sinon, pourquoi tu as le sang aussi pourri ? No offense hein, mais avoue que t'es pas gâtée par la nature. »

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MessageSujet: Re: Salt the fucking earth ▲ pv Alby - end   02.03.17 1:37

nightcall, kavinsky

Etrangement, il l'écoutait comme si elle crachait l'origine du monde et qu'elle racontait d'où venait les étoiles. Cet intérêt la touchait au fond, mais elle essayait de ne pas se montrer déstabilisée. Il manquerait plus que ça. Il se foutrait certainement de sa gueule, et elle se sentait pas prête à assumer une humiliation de sa part. Après leur entrevue de déballage de vie, c'était clairement pas le moment.

 « Oh, tu sais, ma famille c'est deux vieux dans une baraque de Bipèdes et deux noyés qui sont sans doute décomposés à l'heure qu'il est. Mais sinon, pourquoi tu as le sang aussi pourri ? No offense hein, mais avoue que t'es pas gâtée par la nature. »

Ah. Encore. Elle grimaça et fronça le museau. Pas gâtée par la nature. Elle tira la moue, profondément déçue. Elle pensait qu'avec le temps, Toucan avait fini par la voir comme quelqu'un d'autre, comme quelqu'un d'apte à accomplir de grandes choses. Visiblement, elle restait l'albinos laide. En grandissant, cette laideur qu'elle arborait comme une fierté en étant gosse commençait à lui peser. Elle voulait devenir belle et séduisante. Elle savait que son pelage blanc et, surtout, sa chair pâle était repoussante. Ce qui étonnait le plus les gens restait ses deux pupilles rosées. Elle était le fantôme, le delirium tremens, le sale cauchemar d'un lendemain de cuite. Ses yeux tombèrent, elle était déçue. Elle avait espéré qu'elle serait au moins touchante, dans sa combativité, … Tant pis. Elle renifla fort et leva la tête.

Il était domestique. C'était un putain d'ancien domestique. Son sang bouillonnait. Le fait qu'il soit solitaire avait déjà parfois du mal à passer pour la xénophobie d'Alby, mais le fait qu'il ait quitté sa vie de domestique pour venir voler leurs Terres la dégoûtait. Elle fronça les sourcils, une seconde fois, marquant une pause à chaque inspiration et expiration. L'idée de l'imaginer manger la même pâtée tous les jours lui semblait absurde. Comment Toucan, un solitaire aussi aguerri, avait pu … Être … Un domestique ?! Son cerveau allait exploser, c'était absurde. Et il osait critiquer son sang, qui, lui, était pur comme neige. C'était absurde, oui. Il avait du sang de feignant, de domestique tranquillement assis dans le canapé de leurs Bipèdes. De quel droit osait – il critiquer son sang à cause de son albinisme ? Le côté susceptible et superficielle de Nuage d'Albatros explosait à ce moment là. Elle voulait une amitié égale, et non viciée. Si Toucan l'avait blessé, elle se devait de le blesser en retour. C'était le juste retour des choses.

« Je trouve ça assez drôle que tu parles de sang pourri quand on a du sang de domestique dans les veines, no offense. »

Elle agita ses oreilles, tandis que sa voix se faisait plus posée. Elle se concentrait pour paraître à peu près calme tandis que ses pattes tremblotaient. Elle était totalement gâtée par la nature, elle avait une famille formidable. Il était juste jaloux. C'est tout.

« J'ai une sœur albinos aussi et mon petit frère est noir et blanc. On est les seules avec ma grande sœur. Mais nous, on a une famille, au moins. C'était bon la pâtée quotidienne d'ailleurs ? C'est pour ça que t'as eu soudainement des envies de grand air en quittant ta baraque paumée ? En quittant ton petit confort pour la grande vie ? Si bien que t'es obligé de venir faire du pique assiette sur nos Terres ? T'es quand même vachement drôle comme type, bien contradictoire comme il le faut. »

Elle marqua une pause. C'était avant tout un ami qui comptait pour elle. Elle voulait établir un statut quo. Ils diraient tous les deux qu'ils ont un peu abusés, et tout serait réglé, peut – être, sûrement, je sais pas. Elle haussa les épaules et un sourire franc apparut à la commissure de ses lèvres. Qu'on ne parle de son sang, elle l'aimait profondément.

« Après, t'es mon ami, et maintenant t'es un solitaire. Tant que tu viens pas trop prendre sur nos Terres car l'hiver va arriver et c'est la merde, ça me va. Je voudrais pas avoir des emmerdes avec mon Clan, je te fais confiance pour comprendre, t'es assez intelligent pour ça j'en doute pas une seconde. Statut quo, on a des sangs de merde, et ça nous fait un point en commun de plus avec notre amour pour l'éloquence de l'ultra-violence ? »

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MessageSujet: Re: Salt the fucking earth ▲ pv Alby - end   03.03.17 23:29

comme des rames
Klô Pelgag

Tiens. Elle faisait la gueule. Enfin, elle devrait le savoir depuis le temps : elle est laide, rien au monde ne changera jamais ça. Pas de "oui mais elle a un beau sourire" ni de "oui mais elle est charmante" pour elle. Laide, geignarde, une voix de crécelle et des yeux assassins. Non, décidément, Nuage d'Albatros n'était pas une chatte sympathique, agréable, ni à l’œil, ni à l'oreille, c'est une brise-burnes, une casse-burettes, un cauchemar diurne une trouble-fête, une tornade en croco qui se chauffe aux benzos, aux vibrations néfastes, cette petite orchidoclaste.

Mais bon.
Il avait fini par bien l'aimer, cette sale teigne.

« Je trouve ça assez drôle que tu parles de sang pourri quand on a du sang de domestique dans les veines, no offense. »

Cette bonne grosse teigne de ses deux. Il avait oublié ce côté si délicatement raciste qui caractérisait Alby. Il lui parlait d'une infériorité génétique visible à l’œil nu, elle lui rétorquait de vagues considérations sans fondements, sur une éventualité pureté de sang, alors que fondamentalement, ils devaient être des cousins très éloignés. Tous des frères, tous des chats. Pourquoi se foutre sur la gueule pour des conneries de Claniques, et tiens que mon Clan est meilleur, non c'est le mien, tatati mes ancêtres bouffaient du renard faisandé, tatata on est congénitaux de père en fils... Lassant, répétitif, nul et non avenu. Toucan ne comprenait pas les xénophobes.

Elle le trouvait contradictoire. Il la trouvait chiante. Et puis, qui était-elle pour venir causer, elle qui brûlerait en deux deux au soleil mais veut jouer à cache-cache avec les rayons, elle qui n'aime que son sang mais s'acoquine avec un Solitaire pouilleux, elle si pleine de morgue qui copine avec le clochard, elle si avare de douceur qui lui gratte l'amitié. Non, c'était elle la contradiction. Toucan n'aimait pas les choses trop complexes, il les appréhendait mal. La savoir un peu demeurée lui suffisait, il n'avait pas envie de creuser plus loin. Il soupira, affichant un air condescendant. Parle gamine, parle, déroule ta bobine de palabres.

Puis elle sourit, comme si sa bouille pouvait effacer ce qu'elle venait de dire. Pour lui, elle n'était qu'une poupée de chiffon, et s'il lui prenait l'envie de rayer le passé avec sa petite gueule, il ne s'en priverait pas. Elle pouvait le considérer comme son ami, comme son mentor, comme son dieu ou cette ridicule représentation populaire d'un diablotin lui sautillant sur l'épaule - pas trop fort, hein, faudrait pas la casser - mais certainement pas comme son égal. Non, certainement pas. Toucan est mégalo, il se voit en haut de l'affiche, un ange nucléaire au milieu de Claniques au charbon. Il était le centre du monde. Rien de moins.

« Statut quo ? Ok chaton, on se fait un bisou et on oublie ? »

Il s'approcha d'elle, et vint pour lui toucher le museau de la truffe. Un geste tendre. Il lui offrit en effet un baiser, mais pas celui auquel elle aurait pu s'attendre ; ses dents sur son museau, sa gueule qui sert autour de ses lèvres, le sang qui gicle. Il vient de lui ouvrir la lèvre inférieure. Et de râper sa truffe, mais franchement, ça, elle doit s'en foutre un peu.

« J'insiste Alby, ton sang goûte le pourri. Je m'attends presque à voir des vers en sortir, amie. » Il cracha rouge, rouge comme les yeux de la petite. « Tu sais que je t'aime bien. »

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MessageSujet: Re: Salt the fucking earth ▲ pv Alby - end   04.03.17 15:40

sexualizer, bo hotline miami : wrong number

« Statut quo ? Ok chaton, on se fait un bisou et on oublie ? » 

Elle eut la naïveté d'y croire. C'était certainement ce qui l'avait poussé à sa perte. C'était étonnant de sa part, mais Nuage d'Albatros crut à un élan d'affection et de bonté de la part de Toucan. Le solitaire, malgré la xénophobie de l'apprentie, était idéalisé, et un aveugle s'en serait rendu compte. Là où c'était une ordure, elle le voyait comme un être totalement fréquentable, un peu violent certes mais c'était surtout un très bon mentor. Tandis qu'elle se rapprochait de sa truffe en fermant les yeux avec un sourire franc, elle pensait que chaton n'était plus adapté désormais. C'est vrai, il était dans une relation éga...
Egali...



Elle sentit une vive douleur sur sa lèvre inférieure et ouvrit soudainement ses deux billes rouges pour les planter dans les puits noirs de Toucan. Sans trop réaliser, elle se passa la langue sur la lèvre, goûtant son propre sang. Ne croyant pas son goût, elle voulut tester sa vue et son toucher. Elle porta sa patte gauche à sa lèvre, incrédule. Ses pupilles se dilatèrent quand elle vit sa patte rouge. Elle saignait. Comment un baiser aurait pu la blesser ? Elle se souvient de la douleur, elle se demandait sérieusement comment un tel contact avait pu ouvrir sa lèvre. Et si … Et si il l'avait mordu ? Il aurait osé ?

« J'insiste Alby, ton sang goûte le pourri. Je m'attends presque à voir des vers en sortir, amie. Tu sais que je t'aime bien. »

Elle fixait sa patte, perturbée. Il avait réellement osé la mordre à la lèvre. Pour elle, c'était une pure humiliation. Il venait de lui prouver par A + Z qu'il ne la considérait pas comme son égale, ni comme quoique ce soit d'autre. En déformant ce geste tendre, il l'avait transformé en source de souffrance. Son cœur s'emballa. Elle se sut pas si c'était son goût pour la violence et le chaos ou la déception qui l'animait désormais. C'était certainement un désir pur de vengeance. Non. Elle se focalisa sur Toucan. C'était un pur désir de combat, de prouver à cette saloperie de solitaire qu'elle valait autant que lui.

Et il l'avait appelé chaton. Le con. Comme si elle avait été chaton durant des lunes, comme s'il avait été suffisamment aveugle pour ne pas la voir grandir et devenir femme. Quel abruti. Elle reposa sa patte et s'essuya d'abord la lèvre avec sa langue, doucement. Elle prit son temps, fit croire au statut quo. Elle se passa la patte sur l'oreille, fermant les yeux. Il fallait penser à un plan d'attaque pour le sonner suffisamment fort pour le ralentir. Elle était d'habitude plus rapide que lui, car formée à la vitesse et l'agilité. Elle avait l'esquive, elle était plus petite que lui. En revanche, il avait la force. Elle savait qu'en général, trois coups la foutait au sol. Elle se remémorait son combat avec Trash. Nuage d'Albatros avait misé sur l'esquive et l'envol, elle l'avait mit au tapis, avec sa patte arrachée. Il fallait destabiliser Toucan. Elle jeta un regard sur sa droite, prenant un air profondément affligé. Au fond, elle jubilait : parfait, il y avait un sac sur le bord de la poubelle. Il fallait trouver un moyen de destabiliser suffisamment Toucan pour qu'il vole à jusqu'à la poubelle, avec suffisamment d'impact pour qu'il finisse contre la poubelle. Elle n'était pas loin d'eux. Elle eut une idée. Elle était actrice.

Tremblotant, elle porta à sa figure ses pattes et se mit à sangloter. Elle s'imaginait que Toucan la trouvait réellement laide et inintéressante, et elle n'eut pas grand chose à simuler. Elle s'affaissa au sol, pleurant bruyamment.

« Tu m'aimes pas et je le sais bien tu sais … Tu me trouves laide, stupide, je … T'as que ça à foutre de donner de sales espoirs aux femelles, hein ? »

Elle détendit ses muscles, en signe de soumission. Doucement, elle fit signe de s'avancer et trébucha au sol (ou du moins, mima une chute) en fondant d'autant plus en larmes. Il fallait être sournoise. Elle murmurait des « Je … » sans suite, tandis qu'elle se recrocquevillait sur elle-même. A côté de Toucan, elle porta ses pattes sur son cœur, tremblante.

« Pourquoi tu comprends jamais rien ... ? Putain ... J'étais contente moi putain. »

Elle partait dans un mélodrame digne des plus grandes drama queen, vendant son honneur et son éthique. Il fallait qu'elle lui prouve que c'était une apprentie qui valait le coup.

« Toucan ... » - Il fallait qu'elle lui montre, amplification des tremblements - « Je ... » Qu'elle le démolisse juste après, amplification des émotions. « Je t'aime, Toucan … » Quitte à vendre son honneur, amplification des fluides. « Mais … » Sa dignité, amplification des pleurs. « T'as pas l'air de … » Sa morale, amplification des cris. « Le comprendre ... » La vérité, amplification de salive.

Sanglotante, elle joint ses deux pattes arrière comme n'importe quelle femelle en peine de cœur.
Toucan tomba dans le panneau.
Il se tourna vers elle, d'un air surpris.
Parfait.

C'est avec une tête d'autant plus surprise qu'il se reçut les deux pattes arrières d'Alby en pleine tête, griffes sorties. Elle sentit avec un certain plaisir la truffe de Toucan s'applatir sous ses pattes, et ce dernier fut éjecté contre la fameuse poubelle. Les yeux plein d'espoir, elle espérait que le choc ait été suffisamment violent pour que le sac lui tombe dessus.

Bingo.

Son rire perça le couloir et elle se releva, essuyant ses larmes, dévoilant ses crocs. Elle était de nouveau Nuage d'Albatros, l'ultraviolente que Toucan connaissait, et non plus l'apprentie au cœur meurtri. Comme si elle pouvait tomber amoureuse de Toucan. Il était solitaire. Il était bien trop vieux. Surtout, il la dégoûtait : il avait mimé un viol sur elle, quand même. Cette idée lui restait en tête, et c'était en pensant à toutes les humiliations que Toucan lui avait fait subir jusque là qu'elle eut envie de le démolir pour de bon. Elle se planta devant lui, griffes sorties.

« Ne m'appelle plus chaton. »

Elle se dressa au dessus de lui, se collant un minimum pour éviter qu'il puisse l'éjecter avec ses pattes arrières. Ils commençaient à se connaître. Il devait savoir qu'elle avait tendance à esquiver, et elle qu'il avait tendance à utiliser la force des coups. Elle planta ses griffes dans ses pattes pour les endommager un minimum et empêcher ses mouvements, et mordit le haut de ses arcades. Elle s'arrêta quand le sang se mit à perler. Aux techniques déloyales se livrait les coups peu avouables, et vouloir faire couler du sang sur les yeux de son adversaire dans le but de l'aveugler n'était clairement pas un coup avouable. Elle bondit à quelques mètres derrière, prête au combat et à l'esquive.

« Les vers sont peut – être dans mon sang, mais ils ont certainement du te bouffer les yeux pour pas voir que j'ai grandi et que je tends à être ton égale, sale crevard. »

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MessageSujet: Re: Salt the fucking earth ▲ pv Alby - end   11.03.17 17:44


Ça y était, voilà les grandes eaux. Avec des hoquets dans la voix, Alby lui débitait des insanités. Enfin, il espérait que c'en était. Il l'espérait pour elle, il l'espérait pour lui, pour les oiseaux, pour l'équilibre de ce monde. Cela lui paraissait tellement étrange, qu'on puisse l'aimer. Pire. L'amour lui paraissait un concept hors de sa portée. Il se tourna vers la jeune chatte. C'est vrai qu'au fond elle était maintenant presque une adulte. Presque une personne sexuée. Mais pour lui, elle resterait toujours l'affreuse gamine qui lui était tombée sur la gueule. Du coup elle pleurait. Oups. Pas désolé pour un sou, il la fixait, éberlué.

Il n'y a pas d'amour heureux.

Puis, à son tour, elle lui fit mal. Très mal. La truffe ensanglantée, les oreilles percées par son rire dément de petite crécelle sous ecstasy, la gueule dans la poubelle, il sentait le poids de sa défaite. C'était bon, l'illusion s'était dissipée, elle était redevenue le petit delirium tremens qu'il connaissait, qui la dégoûtait, mais qui avait son charme. Pas un charme mature, pas un charme sensuel, mais une sorte de grâce nerveuse et tribale, une joie sauvage, un appétit pour la destruction et le sang. Collée à lui, elle n'éveillait en aucun cas son désir. Pas cette petite tête blanchâtre, pas ce corps laiteux. Elle lui mordit les arcades. Il étouffa un grognement. Elle s'éloigna d'un bond, vive comme une fichue anguille.

Il chancela un peu, incertain sur la suite des événements. Attaquer ? Battre en retraite ? Il ne savait pas - et le sang qui lui obstruait la vue ne l'aidait pas à y réfléchir de manière claire. Il cracha à terre, et se passa la patte sur le visage, pour en essuyer le sang.

« Mon égale ? On va voir, chaton. Oui, désolée petite gueule, mais tu resteras toujours un chaton à mes yeux, même s'ils sont pourris, même si tu es pourrie, même si ce putain de monde est pourri, moi compris. Bon. Allez. Va y. Attaque moi. Prouve moi que tu mérites que je te considère comme mon égale. »

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MessageSujet: Re: Salt the fucking earth ▲ pv Alby - end   12.03.17 18:18

raise the curtain, ost puella magi madoka magica (fallait pas me lancer msk)

Elle avait bien réussi à l'handicaper pour le combat. Elle esquissa un petit sourire satisfait. Parfait, c'était son but. Nuage d'Albatros savait pertinemment qu'elle n'arriverait pas à le battre à la loyale pour le moment. Elle était encore trop petite, trop maigre, trop faible. Elle se doutait que d'ici quelques lunes, elle allait peut – être réussir à lui tenir tête, grâce aux entraînements qu'elle allait avoir. En attendant, elle haïssait qu'il l'appelle chaton.

« Mon égale ? On va voir, chaton. » et bordel il comprenait pas vraiment « Oui, désolée petite gueule, mais tu resteras toujours un chaton à mes yeux » C'est ce qu'on verra, et arrête de m'appeler chaton « même s'ils sont pourris, même si tu es pourrie, même si ce putain de monde est pourri, moi compris. » Il était lucide, schön. « Bon. Allez. Vas y. Attaque moi. Prouve moi que tu mérites que je te considère comme mon égale. » D'accord.

Et elle allait tout faire pour lui prouver. Elle allait lui déglinger les jambes, lui déboîter la tête, le faire valdinguer d'un coin à un autre de la ruelle. Elle avait les boules, elle avait les nerfs, elle avait les crocs serrés et les pattes fébriles. Elle avait envie qu'il l'appelle « amie », peut – être même « Alby » et non plus « chaton », « petite », « gamine ». Elle avait 11 lunes, bordel. C'était quoi sa saleté de discours sur la pourriture du monde ? Etait – il si triste au point de penser que le monde n'en valait pas la peine ? Cette idée lui parut absurde. Toucan n'était pas triste, non, impossible. Il pensait à l'ultra-violence en guise de seule valeur valable dans le monde et au sexe comme valeur échangeable. Pourquoi serait – il triste ? Hein ?

Il n'y avait pas de raison, voyons.

Peu importait, il fallait combattre, profiter de sa première attaque. Elle avait la vitesse, la rapidité. Elle avait envie de le faire bouger comme une vulgaire poupée de chiffon. Il allait goûter aux poubelles, au goût de la défaite pour une fois. Il allait arrêter de l'appeler chaton. Putain.

« Ferme ta grande gueule avec ton concept de monde pourri, arrête de m'appeler chaton. »

Qu'il aille sauter d'une falaise s'il pensait que la vie ne valait pas la peine, il n'y avait pas assez de ressources pour tous les chats qui vivaient dans la forêt. Il n'y avait certainement pas la place pour un connard de domestique qui avait jugé la vie dehors plus entraînante que sa vie tranquille. L'idée de l'imaginer bouffer ses croquettes avariées l'agaçait. Elle ne comprenait pas. D'accord, sa vie était plus palpitante, mais l'idée de se jeter dans un mode de vie aussi extrême que celui de chat errant lui paraissait absurde. Elle ne lui pardonnait pas. Elle ne pardonnait pas ceux qui vivaient dehors par pur amusement.

Elle lui fonça dessus tête baissée. Consciente du risque qu'elle prenait, elle allait réfléchir d'autant plus lors de ce combat. Elle préférait se fatiguer plus rapidement en utilisant sa tête et son corps plutôt que perdre totalement contre Toucan. Elle se décala au dernier moment sur la gauche et percuta le solitaire, l'écrasant d'autant plus contre le mur. Il fallait lui écraser les côtes, lui démonter la nuque, l'empêcher de respirer. Elle planta ses crocs dans la gorge du solitaire en serrant fort. Elle devait atteindre sa trachée, endommager son système respiratoire pour ce combat. Griffes sorties, elle lui martela le ventre, faisant jaillir le sang de son poitrail. La douleur allait rester. Il allait souffrir. Ce salaud qui l'appelait chaton. Ce connard qui prenait l'ascendant sur leur amitié. Ses griffes avant se plantèrent une nouvelle fois sur son arcade. Elle voulait l'aveugler, qu'il soit plus occupé à s'essuyer les yeux qu'à combattre. C'était comme ça qu'elle avait vaincu Trash. Grognant, elle baissait sa garde, occupée à devenir une pluie de coups sur le solitaire.

Peu à peu, Nuage d'Albatros se transformait en harpie. Elle était une harpie haletante, certes, mais une harpie déchaînée.

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MessageSujet: Re: Salt the fucking earth ▲ pv Alby - end   12.03.17 20:19



Souffrance. Il n'était que souffrance. Ah, ça, il ferait moins le fier demain, quand il aurait le ventre bleui par les coups, la gueule en sang, et qu'il se trainerait dans la poussière comme un cadavre en devenir. Contre lui, elle grognait, elle était vraiment devenue une bête. Enfin, Toucan n'avait pas de quoi être étonné, après tout, ils n'étaient que des animaux. Des animaux, juste bons à se déchirer. Il n'avait jamais voulu qu'elle souffre émotionnellement.

Non.
Ce n'est pas tout à fait ça.

Il n'en avait rien à foutre, mais ce n'était pas son but. A dire vrai, il n'avait jamais imaginé qu'elle puisse s'enticher de lui de la sorte, parce que lui, soyons clairs, il s'en tapait bien des gens, tout ce qu'il voulait, justement, c'était se les taper, ou les taper tout court. Après, il était fort probable qu'elle ait menti sur ses sentiments, qu'elle ait inventé des chimères pour l'embrouiller, des illusions pour le distraire. Il ne savait pas. Il était dans du coton. Il ne sentait ni son corps, ni son sang, ni le contact d'Alby. Il se sentait vide, froid. Il était habitué.

Réveil.
Il n'allait pas laisser cette gamine dégueulasse le tuer, pas ici, pas maintenant, jamais.

Ses prunelles se rallumèrent, tic, tac, le contact était rétabli. Alby avait l'air d'avoir baissé sa garde. Il lui mis un grand coup de tête dans la gueule, si fort qu'il dut réprimer un cri. Se mordant la langue, il continua sa poussée sur la jeune albatros, jusqu'à ce qu'elle cède et, déséquilibrée, tombe sur le dos. Il vint tout de suite s'assoir sur son ventre, malaxant toute cette zone sensible avec ses pattes arrières, ses pattes antérieures vissées à ses épaules. Littéralement vissées, il avait enfoncé ses griffes profondément dans la chair tendre de la jeune chatte. De la quasi guerrière. De la gamine pour toujours.

« Désolé de t'ouvrir les yeux. Mais au fond, tu es une sale raclure, je suis une sale raclure, ton Clan est un ramassis de connards, mais c'est pas grave, tout le monde est comme ça. C'est pas grave. »
Il répétait ces mots avec conviction, mais d'une manière assez mécanique. Il voulait s'en convaincre. Il en était sûr. Il n'était qu'un poseur. il ne savait pas. Perdu dans ses pensées, perdu en lui, Toucan errait, comme un apatride. « Ce n'est pas grave, pas grave si je t'appelle chaton, pas grave si tu es laide, pas grave si je ne te baiserais jamais, rien n'est grave Alby tu comprends ? Rien n'est grave, nous sommes des animaux, nous allons tous crever. »

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