The Propheties Begin

Thème II - Le redoux
 
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 Salt the fucking earth ▲ pv Alby - end

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MessageSujet: Re: Salt the fucking earth ▲ pv Alby - end   13.03.17 21:19

femen, crystal castles

Le manque de réaction de Toucan étonnait la gamine. Elle ne savait pas s'il ne sentait pas ses coups, ou si elle ne frappait pas assez fort. Serrant les dents, elle excluait la possibilité de la perte de Toucan dans son propre pandémonium crânien. Chaque coup de Nuage d'Albatros redoubla d'intensité, blessant plus profondément le solitaire mais l'épuisant comme jamais. Il ne réagissait pas, c'était quand même effrayant. Elle s'attendait tout de même à un geste de sa part, une grimace de douleur, quelque chose. Jamais. Elle crut pendant un moment qu'il était mort. L'idée de tuer un chat la dégoûta soudainement, tandis qu'elle fut assez neutre sur la question avant. L'idée de faire saigner un corps froid et inanimé, affreusement lourd et sans résistance la clouait de terreur.

Mauvaise pioche.

Elle venait de se reprendre un coup dans le menton. Elle sut à ce moment là qu'elle avait merdé. Elle comprit à nouveau ce qu'était la douleur mais la rage de prouver à Toucan qu'elle était bel et bien son égale la maintenait à lui. Néanmoins, Toucan avait la force, aka la chose qui manquait cruellement à Nuage d'Albatros. Rapidement, elle se retrouvait à devoir s'équilibrer sur les pattes arrières, avant de tomber sur le dos. Une nouvelle fois, son cœur s'emballa. Elle allait mal finir. Elle le savait. Son ventre tendre était à l'exposition de Toucan, et il fallait absolument qu'elle se relève si elle ne voulait pas crever.
Trop tard. Il était désormais assis sur elle, griffes sur ses épaules. Elle était piégée, et elle ne pouvait rien faire d'autre. Se débattant comme un beau diable, elle n'osait pas croiser le regard perdu et vide de Toucan. Il faisait … Putain. Oui. Il faisait flipper. Littéralement.

« Désolé de t'ouvrir les yeux. » Il lui ouvrait rien du tout, et putain dégage de là que je te casse la gueule pour vous. « Mais au fond, tu es une sale raclure, je suis une sale raclure, ton Clan est un ramassis de connards, mais c'est pas grave, tout le monde est comme ça. C'est pas grave. » Toucan devait avoir un putain de problème pour penser des choses pareilles. Nuage d'Albatros aurait préféré se crever les tympans plutôt qu'entendre ce genre de choses. « Ce n'est pas grave, pas grave si je t'appelle chaton » Mais si bordel, c'est grave. C'est son identité qu'il remettait en cause, leur amitié, leur égalité. « Pas grave si tu es laide, pas grave si je ne te baiserais jamais. » Elle s'en fichait bien, c'était pas dans ses objectifs non plus plutôt crever. « Rien n'est grave Alby tu comprends ? Rien n'est grave, nous sommes des animaux, nous allons tous crever. »

Parfait, elle n'aura pas à le baiser.

Elle sentit les larmes lui monter aux yeux. Elle ne sut pas si c'était le laïus désespéré de Toucan ou la douleur qui la torturait, mais dans tous les cas, elle avait affreusement mal. Elle avait mal au cœur, mal aux épaules, mal au ventre, mal aux pattes arrières. Il fallait lui faire fermer sa grande gueule, pour toujours. Se démenant pour se retirer de l'emprise de Toucan, elle allait devoir se faire mal pour se dégager. Avec un hurlement suraigu, elle prit une impulsion au niveau de ses abdominaux afin de se hisser vers le museau de Toucan. Lui faire, fermer, son, museau. Pour le sceller, elle ouvrit grand sa gueule pour prendre celle de Toucan entre ses crocs. Elle sentait l'os de son museau sous ses dents pointues, et n'eut qu'à presser pour clouer le bec au solitaire.

Son Clan n'était pas pourri non. Le monde avait un peu de beauté quand même. Tout était grave, l'appeler chaton était grave, qu'elle soit laide était grave. Ils n'allaient pas mourir, la mort c'était pour les faibles, et elle était pas faible. Alby, elle était forte, et elle ne voulait pas qu'on l'appelle chaton, bordel. Jamais. Surtout pas lui, surtout pas maintenant, surtout pas jamais. Son Clan n'était pas un ramassis de connards et de toute manière c'est celui qui dit qui l'est après tout.
Ils n'allaient pas crever.
La mort, ça existait pas. Jamais.

Sentant l'adrénaline disparaître dans ses veines, elle sentit la nausée lui monter. Elle n'était qu'une boule de douleur. Elle ne parvenait plus à bouger ses épaules, elle avait trop mal. Toussant, elle lâcha le museau de Toucan, mettant en valeur les arcs de cercles rouges qui encraient ses crocs à l'encre sanguinolente. Son propre museau était plein du sang de Toucan, ses épaules plein de son propre sang. Les plaies y étaient profondes, et les regarder lui faisait affreusement mal. Elle sentait des larmes de douleur lui couler le long des joues. Elle se souvenait de la douleur de sa patte lorsque Trash lui avait mâchouillé. Celle là était comparable, plus piquante, moins sourde. Elle crachota un caillot de sang, tandis que des filets rouges coulaient le long de ses lèvres. En signe de résignation, elle laissa sa tête reposer sur le côté, les yeux regardant au loin. D'une voix plaintive, elle entama son discours.

« Pourquoi tu penses toujours au négatif ? Je comprends pas. T'es pas heureux comme type ? Tu peux te nourrir et subvenir à tes besoins, t'es libre, t'as des amis … Enfin je crois. Je suis ton amie en tout cas. Je comprends pas. Pourquoi t'as une telle opinion sur le monde ? Pourquoi tu vois tout noir ? »

Elle se pensait heureuse, après tout. Elle ne vivait que pour l'ambition, et avait un but précis dans la tête. Peut – être que Toucan n'avait pas de but ? Elle y songeait soudainement. Elle ne s'était jamais posée de grandes questions sur la vie des solitaires ? C'était comment, de ne pas avoir de hiérarchie ? De ne pas avoir de but ? De ne pas avoir de territoire fixe ? C'était comment, de vivre totalement seul ? Sans chaleur ? C'était comment, de devoir être auto-suffisant sinon aucun guerrier ne viendra t'aider si ce n'est qu'accélérer ? Un frisson parcourut son échine. Elle n'y avait jamais pensé.

C'était fou quand même, comme mode de vie.

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MessageSujet: Re: Salt the fucking earth ▲ pv Alby - end   19.03.17 15:56


Vide.
Il était vide.
Il en avait souvent eu le pressentiment, mais avait toujours réussi à le dissimuler, l’enfouir sous tout ce qu’il trouvait, sous la chasse, sous le combat, sous le sang la douleur les os brisés le sexe la chaleur les muqueuses la jouissance la violence, oui, surtout la violence, une violence assez grande pour lui masquer la vue, pour lui poser de gentilles ornières organiques. Au fond, il n’avait pas de but. Il n’avait pas d’amour à donner. Il n’avait pas réellement de proches : Trash était assez indépendant, Alby s’approchait d’une amie mais il y avait toujours ce fossé creusé par une haine séculaire de l’étranger, ce fossé qui le séparait de tous ces putains de Claniques racistes, oui, de tous ces connards. Au moins, la violence parvenait à les lier, mais c’était une amante bien infidèle, le frémissement de l’eau ou le vacillement de la flamme d’un chandelle. Du vent quoi. Là, à cet instant, les crocs de Nuage d’Albatros dans son museau, le craquement discret de l’os, le sang qui perle, voilà le moment où les deux chats seraient les plus proches de leurs vies, ce contact des corps, le mélange des sangs. Le cœur, de belles conneries. Toucan était un St Thomas d’Aquin félin : il ne croyait que ce qu’il voyait, et s’il voyait bien devant lui les dents de la gamine dans sa chair, il n’apercevait pas de cordons entre leurs deux cœurs. Aussi, il préférait la violence, toujours. Au moins, elle, elle ne le trompait pas. Elle était éphémère, mais les quelques instants qu’elle durait étaient bien concrets.

Alby pleurait, les épaules ouvertes, sous lui. Elle crachait aussi, une bave rougeâtre. Son sang à elle, son sang à lui, une réunion. Bave, mucus, sang, tous ces fluides corporels qu’il aimait, pour leur chaleur, pour leur organicité. En signe de résignation, elle laissa sa tête reposer sur le côté, les yeux regardant au loin. D'une voix plaintive, elle entama son discours.

« Pourquoi tu vois tout noir ? »

« Non. »

Il s’arrêta d’un coup. Il avait le souffle court. Ses yeux papillonnaient, il n’était pas bien, une grande vague venait de le percuter en pleine poitrine, et ça lui faisait mal. Il tremblait un peu, et baissa la tête. Il voyait trouble. Il se rendit compte que lui aussi pleurait. C’était rare. Il en fut étonné. Instinctivement, il recula, pour se frotter les yeux, laissant Alby se relever – ou tout de moins respirer un peu mieux.

« Non, pas tout en noir. En gris. Comme moi. Car je n’ai que moi dans la vie, et que mes yeux pour chialer. Que moi, rien que moi, pas toute cette farce de communauté raciste, pas de famille, pas de maison, pas de bouffe à coup sûr, pas de quoi me réchauffer, pas de quoi me soigner. Des amis ? Tu te fous de ma gueule ? Ils me voient débarquer et me traitent d’emblée comme un pestiféré. Même toi putain, t’as voulu me crever les yeux que tu m’as vu pour la première fois. »

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MessageSujet: Re: Salt the fucking earth ▲ pv Alby - end   19.03.17 17:27

Back against the wall at odds
With the strength of the will and a cause
Your pursuits are called “outstanding”, though emotionally complex.
Against the grain of dystopic claims
of the thoughts your actions entertain, and you have proved to be

A real human being, and a real hero.
a real hero, college & electric youth

Toucan pleurait. C'était étrange. Elle ne s'imaginait pas que les solitaires puissent ressentir des émotions, à vrai dire. Elle les imaginait comme de vulgaires cafards, rognant les miettes que les Claniques laissaient derrière eux. Là, Toucan pleurait, exprimait des sentiments et souffrait. Cette perspective étonnait la gamine. C'était sans compter sur ces larmes que sa mise en question prenait forme. Il lui faisait alors part de ses états d'âme, de sa situation d'apatride.

Nuage d'Albatros commençait par froncer les sourcils. N'avait – il pas choisi sa situation en partant de chez ses Bipèdes ? Il était à l'aise pourtant, là bas, avec sa nourriture à volonté. Pensait – il que la vie en Clan était le paradis ? C'était le travail communautaire en place, une promesse de vie en échange de celle du Clan. Être solitaire, c'était s'en battre les couilles et vivre comme bon lui semblait. Il avait tout et rien à la fois. De quoi se plaignait – il alors ? « Pas de famille, pas de maison ». Avait – il froid ? La chaleur féline lui manquait – il ? C'était ce qui lui manquerait, si elle était solitaire. Elle ne se voyait pas vivre totalement seule dans une immense forêt comme Cerfblanc, à devoir se défendre constamment contre tout. Elle avait essayé de lui crever les yeux, certes. Soudainement, elle se mit presque à culpabiliser.

« Mais … Je … Je pensais que ça te ferait plaisir que … Que je suive ce que tu m'as dis depuis le début … Tu sais, le truc sur l'audace et la ruse ... » tenta – t – elle d'argumenter, penaude.

Il fallait qu'elle se retire l'image de Toucan en train de pleurer. Elle allait presque commencer à avoir de la peine. Il ne fallait pas. C'était un solitaire, non, attention, pardon, une saloperie de solitaire. Elle ne pouvait pas penser à leur condition. Il fallait entretenir sa xénophobie pour ne pas sentir de remords quand elle foutait dehors autrui. Il ne fallait pas qu'elle les voit comme autrui, un autre elle. Il se dégagea, mais elle ne put toujours pas se lever. Ses épaules étaient bel et bien immobilisées, et elle finit par se dire qu'elle était condamnée à rester la nuit au milieu des poubelles, entre les rats et les vers.
Parfait.
C'était la merde réellement. Elle tenta d'utiliser ses pattes d'arrière, qui bougèrent en tremblant. Elle put se tracter vers Toucan, sur le dos, traînant ses pattes avant derrière elle. Voilà. C'était son unique moyen de locomotion, racler la terre et la poussière avec son dos. Souffrant le martyr, elle se rendit compte que la douleur physique n'était pas le plus insupportable. Elle remettait en question sa condition de clanique, d'apprenti. Elle se mettait même à douter de la parole de sa cheffe, soudainement. Et si les solitaires étaient aussi valeureux que les claniques ? Après tout, ils ne devaient leur survie qu'à eux. Toucan avait – il déjà pensé à changer sa condition ? A devenir un clanique, lui aussi, en vain ? Il est vrai qu'il était bloqué. Il ne pouvait pas redevenir domestique, pas après connu la douceur des vraies proies. Il ne pouvait pas intégrer un clan, vu la politique des quatre clans existants. C'était complexe.
Il pleurait, putain.
C'était qu'il devait y avoir un problème. On pleurait pas si on avait pas de problème.
S'aimait – t – il ? Avait – il été traité mal étant petit ? Est – ce que, lui aussi, on le prenait pour un bon à rien ? Au fur et à mesure de sa réflexion, les frontières interclaniques s'effaçaient. Toucan devenait un clanique comme elle, ou elle devenait solitaire comme lui. C'était étrange. Elle le jugeait comme un égal, non plus comme un cloporte. C'était étrange.

« T'as jamais pensé à intégrer un Clan ? »

Elle aurait pu se couper la langue tant l'idée lui paraissait absurde. Toucan, dans un Clan ? Il serait jugé trop violent, trop vulgaire. Dans les Clans, il fallait de la violence esthétisée, encadrée, magnifiée. On haissait la poussière dans les plaies, l'odeur âpre du sang, la transpiration de l'effort. Non. On voulait être efficace. Toucan n'était pas efficace au combat, il était instinctif. Il voulait la beauté du geste, la sensation décuplée des sens, le cœur bouleversé par la douleur et l'adrénaline. C'était ça, qui plaisait à Toucan. Non pas les galipettes jolies, maîtrisées, efficaces mais insipides. Combattre telle une machine ne l'intéressait certainement pas. Etait – ce pour ça qu'il restait solitaire ? Pour garder son indépendance de pensée et son style de combat ? Etait – elle formalisée ?
L'idée lui glaçait le sang. Elle qui se crut toujours comme étant une grande penseuse, avait – elle les idées pré-construites dès le début, sa xénophobie était – elle de la poudre aux yeux qu'on lui balançait pour éviter de considérer autrui ? Et si elle avait été manipulée depuis le début ? Et si tout ce qu'on lui avait apprit n'était qu'un pur mensonge ?

« T'es comme moi. » en conclut – elle. « Pourquoi je te haïrais après tout ? »

Ses yeux se vidèrent et elle se tourna vers Toucan, un sourire aux lèvres. Elle était désormais son pantin, sa poupée de chiffon. Le delirium tremens à manipuler sans modération, à user, à déchirer. Le cœur de la gamine s'emballait. Elle avait été manipulée par le Vent. C'était désormais une certitude. Elle avait l'intention de travailler sur la désintoxication de sa boîte crânienne, en extraire les pires idées pour les remplacer.

« Je suis désolée de t'avoir crever les yeux. Vraiment. Je voulais être ton égale. Que tu me considères comme une amie. Comme quelqu'un. Pas comme un putain de chaton. Quelqu'un, une femelle, Nuage d'Albatros, quelque chose. J'ai toujours été rien, j'ai jamais été quelque chose pour quelqu'un. » continua – t – elle en le fixant.

Elle désirait une amitié égale, sans domination de la part de Toucan. La vérité était que la gamine était naïve. Suffisamment qu'il montre une apparente égalité pour en persuader l'autre. Elle souhaitait être estimée, et ainsi elle serait réconfortée dans la relation. La verrait – il comme une véritable amie ? Maintenant qu'ils étaient unis par les liens de la remise en question ? Maintenant qu'elle était prête à faire tabula rasa sur ses idées ? Elle dévoila ses crocs, souriante, sereine.

Son cerveau était lavé.

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MessageSujet: Re: Salt the fucking earth ▲ pv Alby - end   30.03.17 14:58


« T'es comme moi. »

« Je ne pense pas, non, Alby. Tu vois pas ce putain de fossé entre nous : je suis le clochard, le paria, t'es l'apprentie des Claniques, on me crache dessus où que j'aille, toi t'es acceptée pour ces conneries de sang-pur - va me dire que mon sang est pas plus valable que celui de n'importe qui d'autre. Et puis l'âge ma petite, je dois avoir le double du tien. Et puis je sus un mâle, t'es une femelle, je me suis tapé tous les chats de la Ville, on te toucherait pas avec un bâton. Oui, tu peux voir ça comme un privilège en fait. Que je ne te considère pas vraiment comme une femelle. Ça te rend spéciale. » Il soupira un instant, puis se frotta de nouveaux les yeux. Ils étaient secs à présent. Il s'avança vers elle, un sourire sur les lèvres.« Nuage d'Albatros, la seule chatte que je ne me ferais jamais. T'as de la chance, tu sais ? »

Elle rampait encore, comme une grosse limace de lessive, laissant derrière elle des traces baveuses et rouges - ses fluides. Délicatement, il lui prit la peau du cou avec la gueule, et la souleva un peu, pour qu'elle puisse se remettre sur ses quatre pattes - ou tout du moins s'asseoir de manière un peu digne. Il n'aimait pas la voir ainsi au sol, dégradée. Oh, la saleté ne le dérangeait pas, mais sur son pelage si blanc de Delirium Tremens, le contraste n'était pas heureux. Il recula un peu, comme un peintre appréciant son œuvre avec de la distance. Il n'avait pas conscience qu'il modelait effectivement la petite, pétrissant son cerveau comme de la pâte à modeler.

« T'es pas rien Alby. Je vais pas t'mentir, te voir comme une femelle, c'est dur pour moi - t'es dégueu quoi, désolé mais niveau gueule y a fossé entre nous, avoue, je suis bandant avec mes petits coussinets. Mais c'est une preuve que tu n'es pas rien, t'es juste... Autre chose. Je pense qu'on peut appeler cet "autre chose" "amie", ouais. »

Il s'assit, et la lumière tomba sur son visage. Il s'assombrissait.

« Par contre, t'es sympa, viens pas te plaindre à moi que personne te considère. Fais pas l'enfant, t'as une famille. Sois un peu adulte, leur craches pas dessus. » Il baissa la tête. Sa petite ampoule s'était rallumée. « Putain, si on m'avait dit que je ferais l'éloge de la famille un jour, j'y aurais pas cru. Ah, et aussi, je pense que t'as perdu là. Va falloir taffer pour devenir guerrière. Enfin, je ne sais pas, t'es sensée avoir ton diplôme quand ?»

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MessageSujet: Re: Salt the fucking earth ▲ pv Alby - end   02.04.17 0:08

machine gun, portishead

« Nuage d'Albatros, la seule chatte que je ne me ferais jamais. T'as de la chance, tu sais ? »

Elle fronça les sourcils. Elle ne comprenait pas vraiment en quoi c'était une chance particulière, mais tant pis. Etait – il violent avec les femelles qu'il fréquentait ? Femelles, oui, car pour Nuage d'Albatros, il lui était inconcevable d'imaginer Toucan avec un mâle. De toute manière, on lui avait dit que les mâles allaient avec les femelles, et elle avait décidé en bon petit mouton de ne pas aller au delà de la réflexion. Elle hochait la tête, les yeux dans le vague. Elle était désormais une vague coupelle qu'on pouvait remplir d'idées nauséabondes ou progressistes, au choix. Elle crut voir de la compassion, là où il avait de la pitié, quand Toucan la relevait pour la faire s’asseoir. Ses pattes avant immobilisées, elle fit confiance à l'équilibre de ces pattes arrières pour rester digne. Il fallait l'être, devant Toucan. Elle n'avait pas tout compris le discours du solitaire, certainement qu'elle était trop intolérante et ignorante pour cela. Il sortait des mots, comme paria, qui lui semblaient flous. Elle ne comprenait pas le concept même du laïus, et l'idée de se torturer un cerveau en cours de modelage lui semblait compliqué. Par ailleurs, un mal de tête la faisait souffrir, était – ce la torture des intolérants ? Etait – ce la fameuse fracture de crâne, tant évoquée, qui venait avant l'ouverture d'esprit ?
Elle n'était pas considérée comme une femelle, mais comme un être tout à fait spécial. C'était la phrase qu'elle retenait du discours de l'autre, là où l'important résidait autre part. Néanmoins, Nuage d'Albatros avait cette fâcheuse manie de tout ramener à elle, et elle seule. Elle était spéciale, en quoi ? Car elle était blanche ? Elle ne comprenait pas. Elle ne se trouvait pas plus laide qu'une autre femelle depuis que Fierté du Cerf lui ciraient les chaussures comme jamais. Elle se trouvait même plus intéressante, car pas commune. Là où, petite, elle avait comprit qu'elle avait quelque chose de particulièrement laid sur sa gueule et tentait d'en faire une force, elle était venue à un stade de persuasion stupide, où elle était persuadée d'être belle. Pourtant, il était clair que la gamine était affreusement difforme, avec ses yeux écarlates, ses cils blancs, son pelage trop pâle. Elle ressemblait à un putain de mort vivant, et tout le monde aurait eu la chair de poule en la voyant. Néanmoins, l'apprentie s'en fichait. Elle n'était pas femelle, elle était spéciale. Toucan voulait – il dire qu'elle transcendait même la nature féline ? Cette perspective la comblait de joie et l'enivrait.

Tant pis si elle n'était pas une femelle, elle était un être spécial. Elle était un être avec qui Toucan ne coucherait jamais, lui qui semblait violent avec les femelles. Elle était une privilégiée, encore. C'était l'essentiel. Tant mieux.

Il continuait. Elle était dégueu, il était bandant, et c'était comme une parole d'apôtre que Nuage d'Albatros ne réagissait pas. Elle avait mal aux épaules, et elle avait mal à la tête. Elle était dans un état où s'énerver et frapper était trop complexe pour elle. Elle écoutait les paroles, elle mangeait les propos, elle se nourrissait de faits, elle était boulimique de désinformation. L'idée d'être considérée soudainement comme une amie fit battre son cœur soudainement. Elle était réellement son amie ? Elle ? Ils se battaient donc réellement pour un amour commun de l'ultraviolence ? Il la considérait réellement comme telle ? L'idée lui parut si énorme qu'elle dut prendre son temps pour respirer, bien que la douleur expliquait plus ses halètements qu'un vulgaire choc émotionnel lambda.

« Je crois que toi aussi, t'es mon ami, alors. »

C'était les seuls mots qu'elle arrivait à articuler, dans le brouillard intellectuel qui la caractérisait. Soudainement, les mots de Toucan devenaient plus violents. A chaque phrase, Nuage d'Albatros avait l'impression d'être littéralement lapidée en pleine face par la violence du solitaire. Elle ne devait pas se plaindre, elle n'était pas à plaindre. Plus que tout, elle n'était pas adulte. Cette constatation la perturbait, car l'échéance de son baptême lui semblait si loin. Elle avait constamment rêvé du jour où elle deviendrait un Albatros à suffixe. Pour l'instant, elle transperçait des nuages, mais elle attendait que les nuages s'agacent pour faire sonner les tempêtes. Elle n'était pas un putain de nuage bâtard qui planait dans le ciel. Non. Cette perspective l'agaçait. Elle était plus que ça. Elle était le vent, elle était la tornade, elle était le caprice, elle était la possession, elle était le désir. Un nuage, ça désire rien. Un nuage, ça sent rien. Un nuage, ça fait pas de dégâts.
Un nuage, c'est franchement médiocre.

« C'est pas vraiment un diplôme … » bégayait – elle. « C'est plus un examen, mais dans une lune normalement … Mais mon premier mentor s'est tiré, donc y a des chances qu'il soit repoussé. Et je te ferais dire que je t'ai bien amoché aussi. »

Il était franchement amoché, avec son museau saignant, ses côtes dégoulinantes et ses yeux gonflés. Un sourire se dessinait sur le visage de la gamine en voyant ses sourcils. Toucan avait vécu son attaque presque signature, et c'était avec plaisir qu'elle se disait qu'au moins, il allait avoir une trace d'elle sur la figure. En effet, Toucan était son mentor. Son mentor spirituel. Son ami. L'idée qu'on puisse lui dérober la place la ramenait à Coeur Fleuri et Nuage d'Alcidés.

Plus jamais elle ne serait relayée au second rôle. Elle voulait être au dessus de toute autre personne dans sa vie.

« J'ai quand même mérité d'être considérée comme ton égale, et non plus un chaton, non ? Tu vois que je grandis quand même, non ? » Elle marqua une pause, perdue. « Je suis contente d'être ton amie. » Elle était autre part, clairement. « J'aimerais bien voir le soleil. » Elle partait réellement loin. « Mais je peux pas, comprends ça. » Et elle ramenait à elle. « J'ai quelques raisons de me plaindre, mais je suis contente d'être sympa. » En plus d'être stupide face à lui. On lisait son errance sur sa sale face d'albinos.

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MessageSujet: Re: Salt the fucking earth ▲ pv Alby - end   17.04.17 22:06

ethereal
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« Je te ferais dire que je t'ai bien amoché aussi. »

C'était vrai, elle lui avait salement ouvert l'arcade - à mois que ce ne soit plus près des oreilles ? Enfin, au dessus des yeux, de sorte que son sang lui poissait abondement la figure. Il en garderait sans doute une trace à vie, comme elle garderait l'empreinte de ses griffes dans ses menues épaules d'albâtre.

« J'ai quand même mérité d'être considérée comme ton égale, et non plus un chaton, non ? Tu vois que je grandis quand même, non ? »

Moui, la chose était discutable. Elle avait du prendre quelques centimètres, mais avait-elle vraiment grandi ? On ne mesurait pas la grandeur d'âme à la taille physique pour Toucan, aussi rien n'indiquait qu'elle soit plus adulte qu'un chaton. Surtout vu la facilité qu'on avait à lui retourner le cervelet.

« Je suis contente d'être ton amie. »

Tu m'en diras tant. Après tout, tout le monde devrait se réjouir d'avoir Toucan en ami : n'était-il pas un félin au goût sûr, à la répartie mordante et à l'élégance nonchalante ? Qui plus est, il était ce genre d'ami, avec bénéfices dirons nous, le genre qui partage sa chaleur animale et sait se montrer réconfortant. Une perle en somme. Et si l'on dit "gris perle", c'est bien pour une raison : son splendide pelage - bon, un peu souillé pour l'instant, mais n'empêche.

« J'aimerais bien voir le soleil. Mais je peux pas, comprends ça. »

C'est sûr, l'idée de chopper un cancer sous l'astre solaire ne pouvait pas faire que du bien. Mais elle n'avait pas besoin de soleil, Toucan brillait bien assez. Oui, ce rush d'adrénaline, le plaisir de sa victoire, la domination de l'autre, le sang sur ses pattes et son visage, la brûlure lancinante des blessures reçues, la violence de la prise de conscience, tout cela se mélangeait dans sa petite tête, et faisait ressortir, en dernier recours, ce côté mégalomane qui lui seyait en teint, afin de relâcher sa pression.

« J'ai quelques raisons de me plaindre, mais je suis contente d'être sympa. »

« ... Si tu le dis Alby, si tu le dis. Bon, par contre t'es bien mimi là, mais tu penses pas qu'il faudrait rentrer chez toi et demander à ta tante de te recoudre ? Ah, et passe le bonjour à ton frère. »

Sur ces derniers mots, il vint la lécher entre les deux oreilles puis tourna les talons.


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Cri des Albatros
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MessageSujet: Re: Salt the fucking earth ▲ pv Alby - end   23.04.17 1:59

easy muffin, amon tobin

Toute endolorie, elle se repassait en tête les phrases qu'elle venait de prononcer. Assurément, elle était dans un tel état de douleur que se remettre en question lui paraissait impossible. Non. A ses yeux, elle avait assurément parlé au nom de l'honnêteté et la sincérité. Réellement, elle aurait peut – être aimé que le galet se sente concerné par son problème existentiel et ses interrogations, centrés sur elle-même, comme la plupart du temps. Oui, il serait audacieux de défendre Nuage d'Albatros au niveau de son flagrant égocentrisme. Elle estimait que ses soucis étaient prioritaires par rapport à ceux de Toucan, et que quand bien même ce dernier était un clochard, elle était toujours plus malheureuse en petite albinos qu'elle était. Elle représentait le mépris qu'on devait à sa génération, à clamer à qui le veut qu'elle avait la pire des vies, avec ses privilèges d'enfant protégé. Un peu plus et elle était le genre de gamine à qui on filerait notre âme, tandis qu'il y avait une chose essentielle : Nuage d'Albatros aimait se plaindre. Réellement. C'était un putain d'albatros, l'oiseau qui vole au dessus des têtes, toujours plus grand qu'autrui mais toujours plus ridicule que les autres. C'était le connard de piaf qui gueulait plus fort que les autres, qui se la ramenait pour bien chialer des rivières ensuite. Nuage d'Albatros adorait ce sentiment de puissance que le romantisme macabre et post adolescent lui donnait. Sa vie de guerrière, bientôt arrivée, allait nourrir par ailleurs cet état qu'elle cultivait, car elle pourra atteindre un niveau de conscience supérieur sur le point de vue de la politique de sa cheffe. Quand on était apprentie, on parlait peu de politique. Les guerriers, eux, adoraient. C'était leur sujet de prédilection dans les tanières, et c'était avec son jeu de drama queen non mesuré et insupportable qu'Alby allait pouvoir s'intégrer.

C'était là le constat le plus effarant. Elle correspondait au genre de femelle imbuvable que son époque réclamait. Elle allait crier plus fort que les autres en espérant avec la rhétorique à défaut d'avoir les idées, et tant pis si son discours allait être vide, elle serait au moins écoutée. Nuage d'Albatros était l'exemple parfait de cet égoïste primaire, et c'était précisément pour cette raison que son intérêt pour les solitaires n'était que vaguement intéressé : elle allait compatir pour leur cause puis l'oublier, potentiellement. Néanmoins, Toucan avait cette emprise sur elle, cette capacité à modeler son crâne, son cerveau, ses idées, sa tête. Son sourire béat confirmait la donne ; elle était suffisamment naïve pour l'écouter. En deux temps trois mouvements, il avait réussi à balancer ses idées à la poubelle pour les remplacer par de nouvelles. A voir si l'égocentrisme de la gamine et si son côté profondément plaintif allaient permettre à Alby de réellement se soucier du problème des solitaires. Bien qu'elle ne se sente pas concernée, il était indéniable qu'elle se sentait au moins sensibilisée.
Les solitaires étaient à nouveau des chats à ses yeux. C'était toujours ça de prit.

« ... Si tu le dis Alby, si tu le dis. Bon, par contre t'es bien mimi là, mais tu penses pas qu'il faudrait rentrer chez toi et demander à ta tante de te recoudre ? Ah, et passe le bonjour à ton frère. » 

Le simple mot de « mimi » la fit sourire. Immédiatement, Alby n'avait besoin de personne pour se monter la tête : elle le faisait seule. Venait – il de confirmer sa féminité en la qualifiant de mignonne ? Oh mon dieu. Le cœur battant, elle frémissait sur place. Elle était désormais son égale, et l'albinos en était persuadée. A ne pas trop en dire, Toucan était parvenu à laisser le flou dans ses idées, et Nuage d'Albatros le combattait en fabricant ses réponses. Une léchouille entre les oreilles, et la gamine était sûre d'elle. Habitée par une motivation nouvelle, elle fit un pas avant de se casser misérablement la gueule au sol, bouffant à nouveau la terre souillée par sa sueur et son sang. Elle en avait presque oublié la douleur de ses épaules. Tranquillement, Toucan s'en allait, et Alby se retrouvait seule.
C'était pas grave, pensait – t – elle. Il avait certainement mieux à faire. Toucan l'appréciait, réellement, et elle faisait tout pour s'en persuader. Il était juste prêt à aller aider autrui, en bon paladin. Il avait Trash, et il devait s'en occuper. C'était avec un pieu dans le cœur qu'elle reçut cette constatation. Elle refusait de passer au deuxième plan, mais le galet venait de lui offrir une séance d'entraînement. Après tout, c'était égal, à ses yeux. Si Toucan venait pour le confirmer, elle acquiescerait bêtement, à défaut d'avoir des idées pour le contredire. Toucan, c'était pas comme sa tante, ni son frè...

Oh. Attendez.

« Toucan ! Toucan ! Toucan, tu connais mon frère ? Et ma tante ? Toucan, je te parle ! Reviens ! »

Prenant appui sur ses pattes arrières, elle fit un bond avant de se ramasser à nouveau au sol, les pattes avants tremblantes. Elle ne le rattraperait jamais, même avec toute la bonne volonté du monde. Le regardant partir au loin de ses yeux rouges et globuleux, elle utilisait ses pattes arrières pour faire demi tour, rampant au sol telle une limace. Elle craignait mourir d'hémorragie avant d'arriver au camp. La ville, c'était assez loin du Vent.
Il allait falloir faire régulièrement des pauses, se lécher longuement, et oublier la douleur.
Toucan l'avait trouvé mimi.
Toucan lui avait léché le crâne sans dégoût.
C'était des motivations suffisantes pour elle.

Elle était devenue son égale.

Spoiler:
 

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